Carton rouge à la «BAS»

Le fait est suffisamment grave : des membres de la fameuse « Brigade anti-sardinards » (BAS) ont tenté avant-hier de s’introduire dans les locaux d’un établissement hôtelier à Genève en Suisse afin d’y déloger le président de la République, Paul Biya, qui s’y trouve dans le cadre d’un séjour privé. Selon les informations de CT, les assaillants n’ont pas pu mettre en exécution leur funeste projet. Ils ont été repoussés par les éléments de la sécurité en poste. L’initiative a donc tourné court.

Du coup, l’opinion s’interroge. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que la BAS s’illustre par des actes d’une violence inouïe. L’on se souvient encore de la mise à sac, il y a quelques mois, des ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin. Les auteurs de cette opération désastreuse avaient d’ailleurs signé leur forfait, en postant sur les réseaux sociaux des vidéos devenues virales qui ont suscité ici et là colère et indignation. En revenant au devant de la scène, la BAS entend poursuivre sur la même lancée. Dans ce contexte, des questions fusent : qu’est-ce que la BAS ? Qui sont ses membres, ses promoteurs et leur idéologie? S’agit-il d’une organisation affiliée à un parti politique et lequel ? La BAS est-elle une organisation de la société civile ? Ou encore une milice ou une organisation paramilitaire, dans la mesure où son modus operandi n’en est pas très éloigné ? Si tel est le cas, empressons nous de relever que ses méthodes sont pour le moins condamnables et anti-démocratiques. En tous points de vue. Puisque dans une société plurielle comme la nôtre, il est normal que tous les citoyens n’aient pas la même conviction politique. La moindre des choses, c’est de respecter les idées contraires. Si la BAS prétend devenir une formation politique ou une organisation de la société civile, elle doit se constituer formellement et participer à la vie publique selon les règles de l’art. Le chef de l’Etat n’avait-il pas déclaré qu’aucun Camerounais n’a plus besoin de prendre le maquis pour exprimer ses idées ? La liberté d’expression n’est-elle pas une réalité au Cameroun aujourd’hui, à en juger par le foisonnement des organes de presse ainsi que leur tonalité parfois surprenante ? Un citoyen n’a-t-il pas le droit de prendre quelques jours de repos là où il le souhaite ? Fort heureusement, les activistes qui font tant parler d’eux ne sont pas représentatifs de la diaspora camerounaise réputée patriote et respectueuse des lois en vigueur dans leurs différents pays d’accueil. C’est d’ailleurs pour cette raison que la BAS peine à mobiliser. En effet, ils n’étaient pas plus d’une douzaine, ceux qui ont, à leurs risques et périls, entrepris de défier les forces de sécurité il y a deux jours en Suisse. Informé que des ressortissants camerounais résidant dans plusieurs pays européens projetaient d’organiser à Genève, le samedi 29 juin 2019, une manifestation violente au regard des méthodes et moyens abjects préconisés, pour soi-disant protester contre la présence du président Paul Biya, l’ambassadeur du Cameroun auprès de la Confédération suisse, Léonard Henri Bindzi, a publié un communiqué le 24 juin dernier. Ce document condamne un tel projet barbare qui n’honore ni ses initiateurs, ni tous ceux qui se proposaient de s’y associer. L’ambassadeur prévenait par ailleurs que « toutes les dispositions utiles conformes au droit et à la pratique diplomatique, en relation avec les autorisé compétentes du pays hôte » , avaient été prises. De même qu’il mettait en garde contre les risques personnels encourus par les contrevenants à la réglementation en vigueur en Suisse, ainsi que les possibles dérapages des actions violentes de saccage envisagées à l’Hôtel Intercontinental.

En tout état de cause, le cuisant revers que vient de subir la mission avancée de la BAS devrait faire réfléchir ses membres les plus téméraires qui oseraient encore s’engager dans cette démarche périlleuse. La Suisse n’est pas une société anomique. Le droit d’y manifester pacifiquement y est reconnu. Mais, là-bas comme ici, la violence est répréhensible. La communauté camerounaise, jusqu’ici si respectée, doit définitivement tourner le dos aux manifestations agressives et aux sirènes de la division qui sapent les fondements du vivre ensemble en étant les vecteurs de la haine. Pour ces actes qui déshonorent le Cameroun, la célèbre BAS mérite bien un Carton rouge.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category