Les démons de l’insécurité

Entre massacres, attentats, enlèvements et trafics de toutes sortes, le Sahel demeure plus que jamais une zone à risque.


Plusieurs années après l’offensive internationale contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) et les djihadistes au nord du Mali, l’extrémisme semble s’être propagé dans le Sahel. Le 1er juillet dernier encore, 18 soldats nigériens trouvaient la mort et quatre autres disparaissaient après une attaque djihadiste contre leur camp près de la frontière avec le Mali. Ceci, à trois jours du 33e sommet de l’Union africaine abrité par Niamey. Tout un symbole ! 
Cette attaque est venue se greffer à une longue série, aux formes diverses, qui affecte toute la zone sahélienne, alors que le 14 mai déjà, 28 soldats nigériens avaient perdu la vie lors d’affrontements contre les combattants de l’Organisation Etat islamique dans le Grand Sahara (Eigs) dans cette même région. Au Mali, l’on assiste aussi à des attentats, règlements de compte et représailles intercommunautaires, notamment entre éleveurs peuls et sédentaires dogons qui se disputent les pâturages. Ainsi, l’on dénombrait le 30 juin dernier 23 morts après l’attaque de trois villages peuls au nord du pays. De même, 167 peuls mourraient en mars au village d’Ogossagou, après une attaque de Dozos, miliciens et civils, selon la Minusma. En face, un massacre au village dogon faissait 35 habitants tués par des groupes armés peuls, tout comme l’on a dénombré 13 morts dans la région de Ségou dans le centre du pays. 
Au Burkina, l’extrémisme revêt parfois les couleurs religieuses. Le 12 mai dernier, une attaque armée contre une église catholique à Dablo faisait 12 morts dont le prêtre. En avril, l’on enregistrait, dans le nord du pays, l’assassinat d’un pasteur et de cinq fidèles protestants ainsi que l’enlèvement d’un prêtre catholique en mars, dans la foulée d’une série d'attaques qui a fait près de 400 morts dans le pays depuis 2015. 
Des faits qui indiquent que le mal reste prégnant dans le Sahel malgré les solutions préconisées. Pour le président nigérien Mohamadou Issoufou, il faut une coalition internationale contre le terrorisme dans le Sahel et un financement pérenne pour la force multilatérale du G5 Sahel. Pour lui, les « 23 millions d’armes » pillées en Libye et qui font l’objet de trafic dans le Sahel tombent entre les mains de terroristes et de simples citoyens. Par conséquent, « les conflits communautaires qui ont toujours existés dans nos pays se transforment en carnage », parce qu’ils se règlent désormais à coup de kalash. Huit ans après la guerre de l’Otan en Libye, le terrorisme s’est propagé comme un produit direct de cette guerre dans plusieurs pays, africains notamment
 

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