Ecrans Noirs 2019 : Karekezi, roi du ciné africain

Après l’Etalon d’or au Fespaco en mars dernier, le réalisateur rwandais remporte l’Ecran d’or. Une distinction de plus pour « La miséricorde de la jungle ».

Joël Karekezi a eu la bonne nouvelle à plus de 5 000 kilomètres de Yaoundé. Le réalisateur rwandais, vainqueur de l’Ecran d’or 2019, est en ce moment plongé dans une résidence de six mois à la Cité internationale des arts à Paris. L’objectif de cette bourse est de produire un autre scénario aussi fort que celui de « La miséricorde de la jungle ». Son film, d’abord Etalon d’or de Yennenga au Fespaco en mars 2019, repart de la 23e édition des Ecrans Noirs sur la plus haute marche. La décision du jury des longs métrages internationaux présidé par le Marocain Hassan Benjelloun est souveraine. Cette aventure palpitante dans une forêt dense et hostile, quelque part à la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), a une fois de plus séduit un collège de jurés. Une grande leçon de loyauté et de fraternité transparaît entre les lignes de cette histoire riche en rebondissements, dans une atmosphère lourde, où le temps de quiétude peut basculer très vite vers l’horreur. Joël Karekezi a été félicité par les membres du jury, qui par leur choix, propulsent le jeune réalisateur et l’imposent un peu plus parmi les figures incontournables du cinéma africain. 


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C’est par cette consécration que se sont achevés les Ecrans Noirs 2019, le 20 juillet dernier au palais des Congrès à Yaoundé, en présence du ministre des Arts et de la Culture, Bidoung Mkpatt, du ministre Grégoire Owona, PCA de l’Association Ecrans Noirs, de Bassek Ba Kobhio, délégué général du festival, et d’invités spéciaux, comme l’acteur Thomas Ngijol.


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Cette cérémonie, comme il l’est de tradition, a mis à l’honneur de nombreux cinéastes du continent. Les projecteurs ont également été braqués sur les légendes africaines du 7e art. L’Ecran d’honneur, remis à Cheikh Oumar Sissoko, a ouvert une fenêtre sur le passé. Le réalisateur malien de 73 ans a ramené le public aux origines de la création des Ecrans Noirs, saluant le côté « panafricain » de ce festival qui, selon lui, « s’inscrit parmi les plateformes cinématographiques sous régionales les plus en vue de l’Afrique ». Samedi soir au palais des Congrès, on a basculé d’une génération à une autre. Avant l’Ecran d’honneur, le jeune réalisateur Joseph Raphaël Akama a été sacré lauréat du concours « 10 jours pour un film », porté par l’Institut Goethe et les organisateurs des Ecrans Noirs, pour son court-métrage « Western ». Il bénéficie à ce titre d’une formation en Allemagne pour parfaire son travail dans le domaine du cinéma. 


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La polémique de la soirée est soulevée par une décision du jury des longs métrages camerounais, films Afrique centrale et courts-métrages Afrique centrale. Le Sénégalais Mansour Sora Wade et ses collaborateurs ont décidé de ne pas attribuer de prix du meilleur acteur camerounais. « Une petite punition », d’après les propos de Sora Wade, « pour encourager les jeunes acteurs camerounais à faire mieux prochainement… » Pas sûr que le 7e art local digère de sitôt cette prise de position sévère mais pas inédite - en 2016 déjà aucun prix n’avait été décerné aux catégories dédiées aux films camerounais… Il a un an pour s’en remettre. Les Ecrans Noirs reviennent en 2020.   


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