Emil Abossolo-Mbo : la passion de la scène

Depuis l’âge de trois ans, le sexagénaire voue sans regret sa vie au cinéma.


Originaire du Sud Cameroun, Emil Abossolo-Mbo est un homme marié et un père comblé. Derrière sa mine dure se cache un mordu d’arts dramatiques et surtout de cinéma. Tout commence à l’école primaire. N’étant âgé que de trois ans, il assiste à sa première projection de cinéma dans les bras de son défunt père qui, jusqu’à ce jour reste son modèle. Malgré le plaisir qu’il prend à pratiquer le chant et la danse, son aspiration principale est de devenir plus tard un brillant médecin. Sauf que les choses ne se déroulent pas comme prévu. A partir de la classe de seconde il est appelé à faire des classes littéraires au Lycée Bilingue de Buea. Des résultats scolaires qui vont briser son rêve et donner une nouvelle orientation à sa vie.
 Durant tout son parcours scolaire, sa passion pour la scène a été progressive. Déjà à l’école primaire, il excelle dans les rédactions et les récitations, jusqu’à l’Université de Yaoundé 1. Il intègre la troupe de théâtre de l’Université. Avec l’aide de ses camarades tout aussi passionnés, il fonde la troupe Xyz spécialisée dans l’humour, le chant et la danse. C’est ainsi qu’il participe à sa première collaboration cinématographique dans la reprise de "La légende de Tarzan" en 1980 avec Jean Minguele.
Quatre ans plus tard, Emil s’installe en France. Le temps de parfaire son jeu, il participe à des séries françaises telles que : « Une famille formidable » en 1992 et aux premières heures de « Plus belle la vie » en 2004. En 2008, il joue le rôle de Rufus dans le film « Ezra » tourné en Sierra Leone. Autant de collaborations qui lui ouvrent des portes en Afrique. A travers « Un Homme qui crie » du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, il reçoit le prix du meilleur acteur lors du Festival de Philadelphie en 2010. Son profil est fortement apprécié par le réalisateur camerounais Jean Claude Bekolo qui l’enrôle dans « Les Saignantes » en 2005 et dans « Miraculous Weapons » en 2017 ce qui lui vaut le prix du Meilleur comédien international lors du festival panafricain Ecrans noirs 2019.
En plus de son métier d’acteur, il accompagne également ses pairs dans leurs taches. À ses heures perdues, il se plait à écrire des contes en Ewondo, une langue locale qu’il affectionne bien qu’étant lui-même Bulu. Ce qui ne lui empêche guère de rester fidèle a sa vision : « Observer la société en silence, à haute voix et ensuite pouvoir la traduire avec humour, en parole et en chanson. »
 

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