Arts plastiques : dissake en mode « Transitions »

La dernière création du célèbre plasticien reste dans le sillage de son œuvre, l’alliage entre peinture et sculpture, avec cette fois, quelques nuances.

Et si on révisait la théorie de l’évolution ? Pas selon Darwin, mais selon Dissake. Jean Michel Dissake Dissake. Le plasticien camerounais que le monde a découvert en promoteur de l’art par la pictosculpture (mariage entre peinture et sculpture), est récemment revenu dans le paysage artistique avec « Transitions ». Des œuvres gigantesques avalant pour certaines un pan de mur du hall de l’Institut français du Cameroun, antenne de Yaoundé. Cette dernière création, dévoilée au cours d’une exposition en mai dernier à l’IFC, est également une perspective particulière, un croisement entre vieux et ancien. Car pour Jean Michel Dissake Dissake, la notion de recyclage est plus qu’une idée, c’est un principe. « Le matériau dit “recyclé” donne la couleur et la forme exactes de la société dans laquelle je suis. L’art n’a pas qu’une fonction décorative. Je rassemble des objets qui ne sont pas censés
être mis ensemble », souligne-t-il. Il le démontre à suffisance dans cette dernière livraison, point d’intersection entre les informations du passé, du présent et du futur. Dans « Code génétique », « Conclave » ou encore « Ngond’a mutodi », de la matière morte ou inutile pour le commun des mortels reprend vie dans un assemblage impressionnant. Des plaques d’immatriculation se font voisines de nattes de raphia, quand la liane, autre élément essentiel de l’œuvre générale de Dissake, parcourt pierre et métal dans « Resouvenance », titre donné à cette pièce en forme de lit. Rien à voir avec la fonction première d’étancheur du sommeil, car ce lit de Dissake sert à tout sauf à dormir… Il construit le pont entre les souvenirs oubliés et ceux que l’on bâtit, et la liane lui donne plus de poids. « Cette liane transporte de l’eau, donc la vie, la paix, l’unité. Par mon travail, j’invite l’humain à se souvenir de nouveau des liens de sang qui l’unissent et de revenir à plus de sérénité », déclare l’artiste. Un engagement qui retrace l’évolution de l’Homme, sa mutation. Comme de tradition, formes et couleurs prédominent dans cette quête de l’équilibre. Sa vocation dans le domaine des arts plastiques, il tente de la transmettre à d’autres jeunes qu’il n’hésite pas à former dans son atelier installé au quartier Anguissa à Yaoundé, à travers des cours donnés à l’extérieur, comme en début d’année à la North Carolina State University. Après avoir représenté le Cameroun dans différents événements internationaux tels que les Jeux de la Francophonie ou des expositions comme au Gregg Museum aux Etats-Unis, Dissake n’a pas fini de conquérir le monde avec sa science de la pictosculpture.
 

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