Soudan : la transition en marche

Le consensus sur le partage du pouvoir entre les militaires et les civils a été scellé samedi dernier à Khartoum.

Depuis samedi 17 août 2019, la signature de l’accord de transition entre les militaires et les contestataires au Soudan marque un grand moment d’espoir vers la démocratie. Dans l’immédiat, cet accord permettra d’organiser la transition vers un pouvoir civil. L’une des premières conséquences de ce consensus est la dissolution imminente du Conseil militaire, lequel sera remplacé par trois institutions de transition, à savoir : le conseil de souveraineté, le gouvernement exécutif et le parlement de transition. Les grands acteurs de la contestation de dimanche 18 août 2019, comme Rachid Saeed Yacoub, le porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (une des associations qui a lancé le mouvement de contestation en décembre 2018) reconnaissent que la signature de ce document est une grande victoire, mais ne sonne pas encore la fin du combat pour le redressement économique du pays, le rétablissement de la démocratie et la justice.

Le Conseil de souveraineté, l'organe exécutif de la transition, sera composé de six civils et de cinq officiers généraux, avec une présidence tournante qui sera d'abord confiée aux militaires et qui alternera jusqu’à l’organisation des élections présidentielles en 2022. L'accord a été conclu à la faveur d'une médiation de l'Éthiopie et de l'Union africaine. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed a présidé la cérémonie de signature de l’accord historique paraphé par Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemeti », une personnalité influente du Soudan, le général Abdel Fattah Abdalrahman Burhan, le numéro deux du Conseil militaire et Ahmed al-Rabie, représentant de l’Alliance pour la liberté et le changement, fer-de-lance de la contestation.

Le 11 avril dernier, après une fronde populaire, l’armée avait destitué Omar el-Béchir, resté 30 ans à la tête de l’Etat et s’était emparé du pouvoir. La nomination du nouveau Premier ministre est attendue demain 20 août. Abdallah Hamdok, un ancien économiste est pressenti. Le gouvernement sera ensuite formé, au sein duquel deux postes clés, (la Défense et l'Intérieur), sont réservés à l'armée.

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