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« Il y a une compétition entre les différents centres de pouvoir »

Charles C. Self, président de 227 international et consultant média.

Cinquante Etats chapeautés par l’Etat fédéral de Washington DC forment les Etats-Unis.  Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement du fédéralisme américain aujourd’hui ? Dans la conception des pères fondateurs, le fédéralisme consacre le partage de pouvoir tant au niveau local, des Etats fédérés qu’au niveau fédéral. Il est clair que chaque responsable contrôle une partie du pouvoir. Mais le pouvoir est éclaté, divisé. Les citoyens peuvent contrarier les dirigeants. Le fédéralisme divise donc le pouvoir entre les citoyens et le gouvernement national. Au niveau du gouvernement, tout le monde est élu. Les citoyens sont responsables. Chaque responsable doit être élu, et peut être réélu. On a 50 Etats. Le mandat du président est de quatre ans renouvelable. Celui du sénateur est de sept ans. Les élections se déroulent à chaque moment. La constitution qui consacre le fédéralisme est simple : les droits individuels sont assurés et garantis. Et le gouvernement ne doit pas intervenir. La constitution protège les faibles, les minorités, tous les citoyens américains. Le gouvernement doit donc être détaché du peuple. Les articles de la confédération donnent plus de pouvoir aux Etats fédérés. Alors que la Constitution en donne plus à l’Etat fédéral.

Comment se fait la coordination entre les Etats fédérés et l’Etat fédéral au quotidien ?

Les pères fondateurs des Etats-Unis ont réussi à mettre un terme à la monarchie britannique. Il n’est pas question de revenir en arrière. Tout ce qui fait référence à la monarchie est mal perçu. Le citoyen se gouverne lui-même en quelque sorte. A travers les gouvernements local, fédéré et fédéral. Beaucoup de gouverneurs ont, par exemple, porté plainte contre le président Donald Trump. Cela rejoint la logique des pères fondateurs qui ont craint justement que le président de la République ait trop de pouvoir. En clair, il y a une compétition entre les différents centres de pouvoir. Donald Trump a une partie de pouvoir, le Sénat une autre partie, les citoyens également. La distribution des pouvoirs se fonde sur la constitution.

Que représente le premier amendement de la constitution pour la pratique du journalisme aux Etats-Unis ?

Le premier amendement est le fondement de la liberté d’expression. Les journalistes ont le droit de critiquer le gouvernement. Le pouvoir étant distribué entre les différents acteurs, le premier amendement consacre la liberté d’expression et d’opinion, en même temps qu’il protège le pouvoir des citoyens. La constitution garantit le journalisme comme un droit individuel. Elle protège donc les droits de la liberté de la presse, des idées, des opinions… Bref, l’industrie des médias est protégée. Le premier amendement donne le droit de manifester contre le gouvernement, protège la démocratie et autorise les rassemblements pour défendre ses droits. C’est le socle de la démocratie et de la culture américaine.  Les informations individuelles et opinions sont protégées. Le journalisme est une conversation publique et fait partie de la société civile. Pour compléter ce dispositif, les Etats fédérés et les tribunaux ont des lois ouvertes en ce qui concerne les médias. Et le journalisme d’investigation est protégé, même sur des sujets épineux pour le gouvernement.

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