Bénin : vent de décrispation

La grande palabre de trois jours qui s’ouvre demain vise à sortir le pays de l’impasse actuelle.

Après plus d’un semestre de blocage politique, suite à la violente crise post-électorale consécutive aux législatives du 28 avril 2019, la classe politique béninoise a rendez-vous dès demain à Cotonou dans le cadre d’un dialogue politique de trois jours. A l’initiative du président Patrice Talon, seules neuf formations politiques, « uniquement celles en règle avec la nouvelle Charte des partis », ont été conviées à cette grande palabre. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de l’ancien président Thomas Boni Yayi y sont annoncées. Par contre, l’Union sociale libérale (USL) fait partie des grands absents à cette grandmesse. Son leader Sébastien Ajavon, condamné par contumace en octobre 2018 par la Cour de répression des infractions économiques à 20 ans de prison et à 5 millions de F d’amende pour « trafic de cocaïne », est sous le coup d’un mandat d'arrêt international émis à son encontre. En 2016, un stock de 18 kg de cocaïne avait été découvert dans un conteneur en provenance du Brésil et destiné à Comon SA, l’une des sociétés d’Ajavon. Mais, l’homme d’affaires clame toujours son innocence.

En prélude à ce rendez, le gouvernement a tenu à préciser ses contours et ses enjeux. Ecartant l’idée d’une conférence nationale, Alain Orounla, ministre de la Communication et porteparole du gouvernement, a indiqué qu’il s’agit d’« un dialogue politique pour résoudre des problèmes politiques ». « Ce genre de situation invite à une discussion de toutes les composantes de la nation pour trouver une sortie de crise. Ce dialogue politique ne postule pas que tout le monde s'y invite. La politique n'est pas l'affaire de la société civile et du clergé. La politique et les réajustements politiques, c'est l'affaire des politiques », a-t-il précisé. Du côté de l’opposition, l’on accuse le pouvoir d’avoir choisi ses interlocuteurs. « C’est un dialogue d’exclusion ou une rencontre d’exclusion. Ça n’est pas du tout un dialogue dans le sens voulu par l’opposition au Bénin. Nous considérons que ce n’est qu’une séance de travail entre le chef de l’Etat et quelques partis politiques triés sur le volet et autorisé par le ministère de l’Intérieur », a dénoncé Donklam Abalo, porte-parole de l'USL de Sébastien Ajavon.

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