Société

Accident vasculaire cérébral : les jeunes aussi

Le mal est devenu monnaie courante chez les enfants, adolescents et les 30-40 ans.

C’est un homme avec fière allure que l’équipe de CT rencontre ce 29 octobre 2019 au Centre de réhabilitation des personnes handicapées (Cnrph) Paul Emile Léger. Et pourtant, l’on est loin d’imaginer que Henri. E, 33 ans, a été victime d’une crise hypertensive. Sa présence au Cnrph ne relève pas du hasard. Il s’y rend pour sa rééducation mensuelle. « Jai échappé à la paralysie. Après un diagnostic rapide, les médecins m’ont très vite pris en charge. Je fais mes contrôles aux dates indiquées et je ne manque aucun rendez-vous pour mes séances de rééducation », confie-t-il. Même si cela fait quatre ans que Henri. E. a fait sa crise et qu’il est suivi, quelques séquelles sont perceptibles, vu de près. « J’ai encore du mal à bouger ma main droite. Mais heureusement pour moi, je suis ambidextre (faculté de se servir de ses deux mains avec une égale facilité). Je garde l’espoir que ça ira très bientôt », poursuit-il. 
Comme lui, Amza Kouotou, 30 ans, est un rescapé d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Assis dans un restaurant avec ses collègues, hier midi, il débat de la dernière actualité. D’ailleurs, sur l’écran de télévision, le sujet fait parler. Amza Kououtou, attentif à tout ce qui est dit dans un reportage, s’exclame : « Cette affaire a failli me coûter la vie ». Approché, celui-ci se remémore ce pénible souvenir. « Tout a commencé un soir de retour du boulot. Je me suis allongé sur le canapé et en voulant me retourner je n’y parvenais pas. Puis, j’ai eu du mal à entendre ce qui se disait autour de moi et j’avais de la difficulté à parler. Ce n’est que sur le lit d’hôpital que j’ai repris connaissance. Les médecins ont diagnostiqué à temps un AVC hémorragique et j’ai été immédiatement pris en charge. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas de séquelles prononcées », explique-t-il. Tout à côté de lui, son compagnon de toujours, Fredo Komessi. Lui n’oublie pas cette nuit où son ami a failli passer de vie à trépas. « Nous étions en train de causer et sans prévenir, il s’est arrêté de parler. J’ai d’abord pensé qu’il blaguait. C’est quand il a brusquement fermé les yeux que j’ai compris qu’il y avait un problème », raconte Komessi.
D’après les spécialistes, les tranches d’âge jeunes ne sont pas à l’abri d’un AVC. En cause : « Le tabac, le manque d’exercice physique, la mauvaise alimentation, l’alcool, le stress, etc », liste le médecin généraliste Philippe Michel Jacques Ohandja. De mauvaises habitudes à éviter. Néanmoins, un accompagnement psychologique est prévu. « Nous leur apportons une psychothérapie de soutien. La paralysie ou l’hémiplégie à la suite d’un AVC affecte sur les plans psychologique, affectif et relationnel. Quelqu’un qui fait un AVC voit sa profession mise en péril, puisqu’il ne peut plus travailler normalement. Sa vie affective bascule ; puisqu’il ne peut plus faire certaines choses normalement. Ce n’est pas facile d’assumer une paralysie à 30-40 ans », explique Jacques Lagrâce Bessala, psychologue. Les cardiologues recommandent donc une hygiène de vie.
 

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