« La culture peut créer un avenir moins douloureux »

Fabian Mühlthaler, directeur de l’Institut Goethe

Vous organisez une semaine autour de la mémoire du passé colonial allemand. Quelle est l’intérêt de cet événement pour le Cameroun et les autres pays qui ont connu le passage des Allemands ?

« The Burden of Memory : Considering German Colonial History in Africa » est un projet de l’Institut Goethe qui vise à mettre en commun plus de 100 artistes et acteurs culturels des pays ayant connu une période coloniale allemande. Le but est de permettre aux concernés de se rencontrer et de présenter leurs travaux qui sont , du fait qu’ils parlent de l’impact du colonialisme allemand dans leurs sociétés. Ceci parce qu’on a remarqué que ces artistes ayant travaillé sur cette thématique ne se connaissent pas. On espère qu’il y aura au terme de cette rencontre de nouvelles perspectives sur la période coloniale allemande pour ces artistes. Le but de cette initiative est qu’on parle du passé colonial allemand, mais surtout d’une perspective africaine. Parce qu’on a remarqué que le discours sur le passé colonial allemand est très différent dans chaque pays et on veut que ces différents discours soient mis en un lieu pour être analysés afin d’avoir un avenir positif commun. La présence allemande a laissé très souvent des séquelles douloureuses dans les pays colonisés.

Pensez-vous que la culture puisse suffire à panser ces plaies encore ouvertes pour certains ?

Evidement que cela ne suffira pas. Mais, ce projet est un premier pas pour l’Institut Goethe qui est un centre culturel. Nous avons nos réseaux avec des artistes ayant des initiatives culturelles. On pense vraiment que la culture est un domaine qui peut servir à évoquer certains sujets, discussions et idées qui peuvent se matérialiser plus tard dans les autres secteurs et aider à soigner et créer un avenir plus positif et moins douloureux.

Quelles perspectives envisagez- vous pour cet événement ? Sera-t-il ponctuel ou s’inscrit-il dans la durée ?

Cette semaine culturelle, comme je l’ai dit plus haut, est un pas. Ce n’est pas la fin de ce projet. Il est prévu en 2020 un fonds pour des projets qui permettront aux artistes de ces six pays africains ayant connu une période coloniale allemande de postuler avec de nouveaux formats et de nouvelles productions artistiques liés à la question du colonialisme allemand. Si ce projet rencontre un succès, on verra comment institutionnaliser ce fonds pour des projets. Ce qui permettra d’enchainer également sur les années qui vont suivre.

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