Culture

Spectacle : soleil de Cuba sur Yaoundé

L’artiste Patrick Noah a récemment clôturé, sur des rythmes afro-cubains, la saison 2019 du concept « Musique & Bal » de l’Institut français du Cameroun.

Invité à prendre la console du dernier « Bal populaire » de l’année à l’Institut français de Yaoundé le 7 décembre dernier, Patrick Noah y est allé par les cordes bien tendues de sa guitare acoustique et les lignes claires de sa musique afro-cubaine. Musique de fusion. Rencontre entre le Cameroun, l’Afrique et Cuba. Entre mesures traditionnelles et dialogue avec les ancêtres. Entre percussions, sonorités modernes et ethniques, trame de fond d’un mélange réussi entre bikutsi, makossa, merengue, rumba congolaise, latino-jazz, salsa, bossa-nova et énergies de la cosmogonie afro-cubaine. Odyssée entre traditions et modernité, portée par cet autre Noah, pharmacien passionné de musique. Musicien justement. Personnage central d’une scène qu’il a habitée pendant un peu plus d’une heure. Dansant avec élégance. Le pas passablement crâneur. Tout de blanc vêtu, comme s’il avait voulu établir un pont avec un certain Tchana Pierre. Une voix qui coule comme le font les rivières de Fomakap dans la Lékié : en lapant les rivages.

Le pédalier de l’artiste a-t-il un souci technique au milieu du spectacle que la salle, à moitié pleine mais pleine d’entrain, attend. Attentive. Patiente. Comme si elle s’était entendue pour préparer les minutes de communion qui vont suivre. Moments de complicité avec l’artiste. Mais aussi avec les deux danseuses gracieuses, les deux trompettistes au souffle puissant, les deux guitaristes au jeu juste, le pianiste éclectique, le percussionniste vigoureux, le batteur alerte des pieds et des mains. En salle, les lumières ont été en cohérence avec un répertoire fait de chroniques et de tributs. « Ana ga tara », dialogue d’esprit avec les ancêtres. « Lola », aussi enlevé que les pas d’une jeune fille cherchant l’amour en discothèque (thème de la chanson). Saperia, en hommage à la grand-mère qui « a élevé ses enfants toute seule en enracinant en eux la culture Eton ». « Yaah Yaah », beauté féérique qui refuse de se donner le premier soir. « A ban Moan », écrite pour la fille du musicien, présente et enjouée au milieu de cousins, cousines, tatas, tontons, amis, connaissances et mélomanes qui ont constitué quelquefois le coeur d’un choeur installé dans le public. « Amor de Loca », chanson de l’album Saperia pour lancer la série des reprises de classiques de la musique afro-cubaine. Au rang desquels « Chan Chan » de Compay Secondo en version salsa, « Dulce Embeleso » de Miguel Matamoro, Et, des contes du soir, « Tecla », titre de l’album éponyme annoncé pour 2020. Titre repris à la sortie de la salle, au niveau de l’estaminet de l’Institut transformé alors en deux temps et autant de mouvements. en cabaret. Pour un bal bien servi par les effets du cocktail plutôt généreusement offerts.

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