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Union européenne-Grande Bretagne : le Brexit aura bien lieu

Le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni ne sera plus officiellement membre de l’Union européenne. Un divorce qui intervient après une longue période de rebondissements

Trois ans et demi d’atermoiements, de pirouettes, de revirements et de blocages. Aucun dossier n’aura autant marqué la vie de l’Union européenne depuis ses premiers pas dans les années 50. Le Brexit (British exit) acté par le referendum du 23 juin 2016 où les eurosceptiques l’ont remporté avec 52% de voix, a depuis lors constitué un psychodrame de deux gouvernements britanniques. Après la chute au 10 Downing Street (Primature) de David Cameron, l’initiateur du referendum de 2016 et de Theresa May, Boris Johnson est en passe de réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Revigoré par sa large victoire aux élections générales du 12 décembre 2019 à la chambre des Communes, il a réussi à décrocher un « deal » sans heurts avec l’Europe des 27. Sauf événement inattendu, le Royaume-Uni pourra bien sortir juridiquement de l'Union européenne le 31 janvier 2020. Le Brexit semble donc une affaire classée. Westminster (parlement) qui, généralement est opposé au gouvernement sur la question, est en phase avec le PM. La Chambre des Communes (chambre basse, majoritairement conservatrice) a déjà a avalisé cette séparation de Londres avec les 27 Etats membres de l’UE en approuvant le « Withdrawal Agreement Bill » (loi sur l’accord de retrait). En principe, plus rien ne s’oppose au Brexit le 31 janvier même si cette loi doit encore subir une navette entre la chambre des Lords (chambre haute), obtenir l’assentiment formel de la Reine et passer par le parlement européen pour ratification. Ce processus devrait durer jusqu’à mi-janvier 2020. La dissolution du « ministère du Brexit », créé en 2016, symbolise cette volonté de tourner la page.

La vie politique intérieure britannique, fracturée par la question du Brexit depuis plus de trois ans, est censée reprendre son cours normal. La tâche du chef du gouvernement s’annonce ardue. Il doit «unifier» le pays en réconciliant les « Brexiters » et les « Remainers » mais surtout rassurer les Britanniques sur l’après-Brexit. La sortie juridique du Royaume Uni après 46 ans d’aventure européenne n’est que symbolique. Certes, le 31 janvier les Britanniques ne seront plus officiellement plus des euro-citoyens, mais Londres sera encore contrainte d’appliquer les règles communautaires, le temps qu’elle négocie avec Bruxelles les tenants et aboutissants de leur relation future.

Le 31 janvier marque en réalité le coup d’envoi d’une période de négociations pour nouer un accord de libre-échange. En théorie, tout devrait s’achever au 31 décembre 2020. Mais beaucoup d'observateurs se demandent comment ce qui a été construit pendant plus de 40 ans peut se défaire en onze mois. La procédure prévoit que l’accord doit être validé par tous les parlements : le parlement britannique et le parlement européen, mais aussi les parlements nationaux de tous les États membres, sans compter, pour certains d'entre eux dont l'organisation est fédérale, comme la Belgique, des parlements régionaux. Or, dans la plupart des cas, l'adoption d'accords commerciaux nécessite plusieurs années de négociation. On peut compter sur l’audace du PM Johnson qui veut, au plus vite, passer à autre chose. Il tente de faire croire que la sortie du Royaume-Uni de l’UE sera une bénédiction et que, débarrassé du joug de Bruxelles, le pays va enfin pouvoir renouer avec son glorieux passé de nation conquérante et créative.

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