« Ces graphiques augmentent la motivation à arrêter de fumer »

Prince Mpondo, chargé de la communication à la coalition camerounaise contre le tabac

Votre organisation a plaidé pour l’adoption d’images chocs sur les paquets de cigarettes. Selon vous, quelle est l’importance de cette méthode?

C'est le fruit de la volonté politique et des actions de plaidoyer menées par la Coalition camerounaise contre le tabac. Volonté politique parce que le  marquage sanitaire graphique est une disposition de la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (Cclat) ratifiée par notre pays  le 31 octobre 2005,  après l’adoption par le parlement de la  loi n°2005/0056 du 27 juillet 2005 autorisant le président de la République à ratifier la Convention cadre de l’Organisation mondiale de la Santé  pour la lutte antitabac, signée à Genève le 2l mai 2003. L’autre manifestation de cette volonté politique est l’arrêté conjoint Minsanté-Mincommerce du 3 Janvier 2018, fixant les modalités de conditionnement et d’étiquetage des produits du tabac commercialisés au Cameroun. Cette réglementation a été adoptée suite à plusieurs actions de plaidoyer menées par la Coalition camerounaise contre le tabac (C3T), avec le soutien de ses partenaires dont Campaign For Tobacco-Free Kids (Ctfk). Son but est d'accroître efficacement la sensibilisation du public sur les dangers de l'usage du tabac et de ses produits dérivés. Il constitue en effet un bon début de solution à l'ignorance des méfaits sanitaires du tabac par la majeure partie de la population. Car faut-il le préciser, le marquage sanitaire graphique contribue à l’information et à la sensibilisation des populations en leur montrant les risques mortels et les maladies auxquelles elles s’exposent lorsqu'elles consomment ces produits réputés dangereux pour la santé.

Cette méthode porte-t-elle des fruits?

Au Cameroun, le marquage sanitaire est en vigueur depuis seulement sept mois. Il est encore très tôt pour juger de l’efficacité de cette mesure dans notre pays. Cependant, les petits sondages menés pour l’instant auprès de certains fumeurs permettent de noter une prise de conscience sur les risques sanitaires et mortels encourus et l’intention d’arrêter de fumer. Chez les jeunes âgés de 13 à 15 ans, la prévalence nationale est de plus de 10% suivant  l’enquête mondiale de l’OMS, Global Youth Survey-Cameroun-2014. Cette enquête renseigne aussi sur le fait que 31,2% des jeunes élèves de la tranche d'âge sus-évoquée ont expérimenté la cigarette avant l’âge de 10 ans.

Que prévoyez-vous pour la suite dans la lutte contre la consommation du tabac au Cameroun?

Bien évidemment, le secteur du tabac demande à être mieux réglementé dans notre pays. Plusieurs dispositions de la Convention cadre de l’OMS ne sont pas encore mises en œuvre. Il s’agit par exemple d’une loi nationale pour un meilleur contrôle du tabac qui manque au Cameroun. En dehors de la loi, des aspects comme l’exposition à la fumée secondaire du tabac dans les lieux publics, la publicité, le parrainage et le mécénat, le domaine scolaire qui reste vulnérable à l'intense activité publicitaire, le marketing de l'industrie du tabac, la vente du tabac aux mineurs et par les mineurs, méritent un meilleur contrôle. Ceci soit à travers des textes législatifs et réglementaires ou par des mesures administratives. La Coalition camerounaise contre le tabac entend donc poursuivre ses actions en vue de l'adoption et de la mise en œuvre des instruments juridiques nationaux adéquats pour un meilleur contrôle du tabac au Cameroun, en vue de  la protection des générations actuelles et futures contre les effets sanitaires, sociaux, économiques et environnementaux du tabac et de ses produits dérivés.

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