Hommage : Charles Lembe, l’humain éternel

Le père du titre à succès « Mot’a Benama » repose depuis samedi auprès des siens à Yabassi.

Charles Lembe, sentant sa fin proche, ayant accepté son inéluctable départ pour l’au-delà, exprima une volonté à sa fille Suzanne, présente à son chevet : «  ramène-moi chez moi. Auprès de mon père et de ma mère. » Et Suzanne Lembe, avec ses proches, mit tout en œuvre pour exaucer l’un des derniers vœux de son père, décédé le 6 décembre 2019 à l’hôpital de la Garnison militaire de Douala, à l’âge de 81 ans. Ainsi, depuis le samedi 11 janvier 2020, jour de son inhumation, l’auteur du titre à succès « Mot’a Benama » repose dans le caveau familial à Ndogbélé Ndog-Ha à Yabassi, département du Nkam, région du Littoral. Auprès de son père Charles Nkongo Mayo ma Diboma et de sa mère Suzanne Soppo Lembe.
Charles Lembe, après le début de ses obsèques le 9 janvier à Douala, est définitivement retourné à sa terre natale, lui qui était profondément attaché aux siens. Ces siens qui, dans leurs témoignages, n’ont pas manqué de le rappeler et d’appeler à l’union en souvenir du message d’amour continuellement distillé par l’illustre disparu de son vivant. Ces siens aussi, qui mieux que personne, le connaissaient bien et ont partagé quelques belles découvertes avec l’assistance venue de loin. Par exemple, s’il était bien « Tonton Charles » pour beaucoup, il était aussi « Tonton André » pour ceux de sa famille maternelle. Et en plus de sa puissante voix de stentor qui a fait son succès à travers six albums, lui le père de l’indépendance musicale camerounaise avec le premier disque de cette ère en 1960, « Echo du Cameroun », était un excellent cuisinier. 
Et Charles Lembe appelait affectueusement ses filles Mina, Suzanne et Victoria, ses premières admiratrices, « les sœurs Brontë ». Il leur a transmis « une vie de travail, rigoureuse et exigeante ». « Charles Lembe, Papa, avait un sens aigu de la postérité, de l’éternité, de ce qu’une œuvre peut apporter aux hommes et aux femmes à travers le temps et l’espace », peut-on lire dans le message d’adieu de ses enfants. Cet aspect de lui est souligné dans l’hommage fait par Théophile Eyango, représentant du ministre des Arts et de la Culture : « Il a rendu d’immenses services à la culture et à la musique camerounaises dont il fut l’un des plus dignes représentants, l’un des plus distingués ambassadeurs. » Pour ces services, la Nation lui a décerné, à titre posthume, la médaille de Chevalier de l’ordre national de la valeur. 
Quant aux artistes, coordonnés par Ekambi Brillant, ils lui ont rendu hommage lors d’une veillée artistique à la salle des fêtes d’Akwa jeudi dernier. 
 

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