Insécurité à l’école : la zone rouge

Malgré de multiples stratégies mises en place par les responsables des établissements scolaires, la violence a atteint la côte d’alerte.

La violence a atteint un niveau inquiétant dans plusieurs établissements scolaires au Cameroun. D’une école à une autre, d’un lycée à un autre, les drames se multiplient ces derniers mois. La semaine dernière encore, au Lycée bilingue d’Obala dans la Lékié, région du Centre, une descente inopinée et fructueuse des éléments de la police a permis de mettre la main sur des substances et objets dangereux interdits d’accès dans l’enceinte de l’établissement. Dans leurs filets : des poignards, de la marijuana et des téléphones portables. Ladite descente intervenait après un incident survenu la veille : au cours d’une dispute, un élève a sectionné la main de son camarade à l’aide d’une machette. Toujours la semaine dernière, cette fois au Lycée Général Leclerc à Yaoundé, plusieurs couteaux appartenant à des élèves ont pu être récupérés grâce à la fouille hebdomadaire du surveillant du secteur. Ces armes blanches, d’après le proviseur, André Fouda, sont utilisées par des élèves pour régler des comptes au corps enseignant. Comme ce fut le cas au Lycée classique de Nkolbisson, en ce jour noir du 14 janvier. Ce mardi-là, Brice Bisse Ngosso, 17 ans, élève en classe de 4e Espagnol II, a attaqué et provoqué la mort de son enseignant de Mathématiques, Maurice Njoni Tchakounte, 26 ans, à l’arme blanche.
Pourtant, une batterie de mesures sont mises en place par les responsables d’établissements pour éviter que ces outils dangereux ne se retrouvent dans les salles de classe. Au Lycée de Nkometou, la fouille est devenue un rituel. « Dès l’entrée de l’établissement chaque matin, on s’assure que l’élève n’a rien dissimulé dans son sac ou dans ses vêtements avant de le laisser entrer  dans l’enceinte du lycée. Nous effectuons aussi des fouilles inopinées dans les salles de classe. Pendant que les élèves et leurs cartables sont inspectés à l’extérieur, il y a des surveillants en faction sous les fenêtres pour voir s’ils n’ont pas balancé des objets interdits », confie Ndam Abdou, censeur. La fouille  est souvent infructueuse. « Ceci parce que certains élèves dissimulent les objets interdits dans les sous-vêtements. Et en tant qu’enseignants, nous n’avons pas le droit de toucher l’élève n’importe comment au risque d’être accusés de perversité », ajoute le censeur.
Pendant ce temps, les élèves multiplient des ruses pour faire entrer ces objets à l’intérieur de l’établissement. « Dernièrement, on a constaté que les élèves dissimulaient des couteaux et de la drogue dans les parpaings qu’ils avaient réussi à démonter du mur de leurs salles de classe, on ne sait comment. Ils appellent cela la porte des étoiles. D’autres ont même créé des poches secondaires dans leurs sacs pour dissimuler ces objets dangereux et autres drogues. Et c’est ainsi qu’ils pénètrent dans les salles de classe », déplore un responsable. La vigilance des dirigeants doit être accrue. 
 

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