Relève : sous le souffle du grand « Eléphant »

En 60 ans, Manu Dibango a vu passer dans sa manufacture une grappe de talents qui comptent désormais parmi les grosses pointures.


Avec son sourire de goguenard, il affichait proprement son appartenance à la famille des pachydermes. Un éléphant, « traduction française de Njokè son autre nom », avec pour trompe son saxophone. Une identité remarquable cuivrée qui a toujours accompagné le rayonnement planétaire du créateur de « Soul Makossa ». Une aura qui a longtemps servi de rampe de lancement à quelques grands noms de la scène musicale camerounaise et planétaire. 
Quinquagénaire ayant toujours eu le don de sublimer la vie, « Papy groove » a permis à plusieurs jeunes talents d’hier d’éclore aux yeux du monde. Il convient de citer entre autres Lokua Kanza qui a pu s’émanciper durant les premières parties des concerts de Manu Dibango. Esthète exigeant, il va guider les premiers pas d’Angélique Kidjo sur la scène parisienne au milieu des années 80. Des choristes, l’auteur de « Big Blow » en a connu à la pelle. Et non des moindres. Des identités vocales matures aujourd’hui qui ont subi la rigueur du travail bien fait, si cher au célèbre chauve. Pour certains, au-delà du professionnel adulé, il était une figure paternelle qui a toujours été là pour ses « enfants », même après avoir quitté le cocon familial. Ce fut le cas pour Sissy Dipoko, qui l’appelait affectueusement « Tonton Manu », de Coco Mbassi, dont la douceur vocale était très appréciée, de Queen Eteme, feue Charlotte Mbango, d’Aveline Ava, de Princess Erika, de Gino Sitson, d’Henri Dikongue, de Marylou Seba, de Valerie Belinga, entre autres.   
Le label Manu Dibango a également dopé la carrière de talentueux instrumentistes à qui il a inoculé son goût prononcé pour l’humilité, le travail bien fait dans la quête de la meilleure harmonie. Une lueur que le célèbre chauve a su déceler en 1974 à Kinshasa. En marge du combat du siècle entre Muhammed Ali et George Foreman, il va tester un jeune pianiste zaïrois du nom de Ray Lema. S’il a connu diverses collaborations très métissées au gré de l’évolution de la musique, Manu Dibango a surtout été un transit doré pour des compatriotes. Feu Vincent Nguini, Justin Bowen ont été, entre autres, ses chefs d’orchestre. Y ont également fait escale des noms tels qu’Etienne Mbappe, Richard Bona, André Manga, Armand Sabal Lecco, Guy Nsangue, Jay Lou Ava, ou encore, feu Noel Ekwabi et Willy N’For.
 

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