Culture

Livre : poèmes du matin

Dans « Le front brûlant de l’aube », Raoul Djimeli revit encore et encore le lever du soleil, littéralement ou masqué dans un hommage à l’amour.

Raoul Djimeli, auteur du livre « Le front brûlant de l’aube », donne à la clarté du jour toute sa noblesse. Dans ce long poème de 49 pages qu’il réserve aux premières lueurs de la vie, du soleil, de l’amour, l’auteur se livre complètement. C’est en fait une exploration personnelle, mais aussi une analyse de l’environnement qui le submerge. La nature a cette force colossale, qu’il tente de saisir avec les mots. Ce parcours introspectif, il le mène d’un point à l’autre du pays, regardant toujours avec autant de mélancolie chaque élévation du soleil qui, peu à peu perce la pénombre de la nuit et installe un jour nouveau. « Seras-tu à l’ouest quand le soleil de Baleveng se couche derrière les Bamboutos. L’Adamaoua se dresse haut comme la promesse des cyclones sur l’étalage du vent et du miel… » La proposition est tentante. Difficile de ne pas céder à cette invitation. 
La réflexion poétique de Raoul Djimeli est bercée par la richesse géographique. Ses yeux ont vu et goûté des choses que son cœur se doit de révéler. Il déroule les origines de ce livre avec assurance. « J’ai traversé, écrivant des poèmes, le pays jusqu’à Kousseri, où le vent est une autre prière. […] J’ai habité la longue côte du Ghana, du Togo, du Nige¬ria et du Cameroun, cherchant dans le chant de l’eau, l’haleine de ceux qui ne sont jamais partis. C’est sur ces chemins que ce livre est né », rappelle-t-il. Mais Raoul Djimeli souligne également le legs que constitue ses vers. Dans l’après-dire, l’auteur se permet des confidences. « C’est en mangeant la chèvre des sacrifices que je suis devenu poète. J’ai grandi auprès d’une prêtresse, près des oracles. Les gens venaient de partout, et Mâ Njó (Ndlr : sa grand-mère) leur disait : il ne sert à rien de partir si on ne revient jamais », dit-il. 
Plus les pages de ce poème long d’une quarantaine de pages défile, plus on s’interroge. Et si ce « jour » qui parsème le propos était finalement une lumière projetée sur l’amour ? Quelques indices. D’abord, en introduction du texte, cette pensée de l’écrivain et poète français, Ernest Pépin : « Nous sommes si peu de chose face à l’amour »… Ensuite et enfin, toutes ces notes renvoyant à une déclaration que l’auteur semble adresser à une femme mystérieuse. « J’ai goûté aux saveurs du Sahel quand la ville taisait son chant funeste et que l’amour entonnait vers toi une cadence nouvelle », lance-t-il. « Le front brûlant de l’aube » a été publié en 2019 aux Editions Les Bruits de l’Encre, avec le soutien de la Fondation Jean-Félicien Gacha.
 

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