Laquintinie : les patients désertent

La formation sanitaire basée à Douala enregistre une baisse de fréquentation sensible depuis quelques semaines.

« Il faut que les populations arrêtent d’avoir peur. Qu’elles reviennent à l’hôpital. » Propos du Pr Louis Richard Njock, directeur de l’hôpital Laquintinie de Douala, face à la presse ce 7 mai 2020. Raison de cette sortie médiatique, la persistance dans la baisse de fréquentation de la formation sanitaire – la plus ancienne de la ville.
En ce jeudi 7 mai, une photographie des lieux accrédite le constat. Le pavillon consacré aux consultations gynécologiques et pédiatriques est pratiquement vide à la mi-journée. Tout comme l’aile réservée à la vaccination des enfants. « Habituellement c’est plein de monde ici. Les femmes qui viennent en consultations prénatales, les enfants qui ont divers problèmes », témoigne un cadre en service à l’hôpital.
D’un geste de la main elle présente d’autres locaux, dont ceux réservés aux consultations externes (cardiologie, neurologie, dermatologie, etc.), tout aussi désertés par les patients. Certes, çà et là, on peut voir une ou deux personnes déambuler, arborant masque. Mais rien à voir, cependant, avec l’affluence habituelle des lieux.
Il se trouve, à l’observation des responsables de Laquintinie, que « les populations fuient le Covid-19 », ou pensent que l’hôpital ne s’occupe plus que de cette maladie. Craintes et préjugés qui ne reposent sur rien. « Le Covid-19 n’a pas éliminé les autres pathologies », a tenu à préciser le Pr Njock.
« Le nombre de consultations a diminué de moitié, le nombre d’accouchements a diminué, la fréquentation est au plus bas, le nombre de malades hospitalisés avoisine les 15%, les urgences sont désaffectées et du coup, le corps médical est chômage. Sauf, bien entendu, ceux qui sont dans le corridor Covid-19 », déclare le directeur de l’hôpital Laquintinie.
Le Pr Njock a donc estimé important de rassurer les populations, et de faire savoir que la formation hospitalière continue de prendre en charge les autres pathologies ainsi que les urgences médicales. Le risque, du point de vue de la formation sanitaire, est que des gens non atteints du Covid-19 voient leur santé se dégrader parce qu’ils se seront détournés de l’hôpital.

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