Adamaoua : les transactions foncières suspendues

Le Mindaf a signé en avril dernier un arrêté interdisant l’obtention du titre foncier dans trois arrondissements du département de la Vina.

Le problème foncier est une réalité palpable dans la région de l’Adamaoua, particulièrement dans son chef-lieu, Ngaoundéré.  Dans cette ville, chacun y va de son expérience voire de sa mésaventure dans ce domaine. Hapsatou et son époux, à la recherche d’un terrain à bâtir, ont été séduits par une annonce sur les Réseaux sociaux. Ledit espace s’étend sur une superficie de 500 mètres carrés et situé en périphérie du centre-ville avec un tarif abordable : 800 000 F CFA. « Nous avons bien visité le terrain et les documents présentés par le vendeur semblaient corrects. Mais, j’avais quand même eu un doute puisque cette aubaine me paraissait trop belle. J’ai alors pris les références et initié moi-même ma propre enquête. Au final, je me suis rendue compte que ce terrain était litigieux. Trois personnes en réclamaient sa propriété. Pour tout dire, nous avons eu beaucoup de chance de n’avoir pas mordu à l’hameçon », confie la jeune dame. Seulement, tout le monde n’est pas vigilant et averti. C’est le cas de Lamine Dewa qui continue de courir après un vendeur de terrain malhonnête depuis plus de six mois. « J’ai acheté mon lopin de terre et j’ai commis l’erreur de payer la totalité avant d’entrer en possession du titre foncier. Ceci parce que je lui faisais confiance. Grande a été ma surprise de constater qu’une autre personne avait entamé les travaux de construction sur ma parcelle et en dispose du titre foncier ! »,  se désole-t-il. 

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Ces dernières années, la pression foncière est forte à Ngaoundéré. « Avant, les gens ne s’intéressaient pas vraiment au domaine foncier. Mais depuis quelque temps, c’est tout le monde qui veut obtenir une parcelle de terrain. Sauf, les acheteurs perdent de vue toutes les garanties auxquelles ils doivent s’entourer afin d’éviter des litiges inutiles », explique Abdel Aziz, agent immobilier. « Là où la situation se complique c’est lorsque  l’espace acquis relève du domaine national. Très souvent, personne ne prend la peine de se rassurer encore sur les conditions d’acquisition dès qu’elle trouve le prix alléchant. On ne réfléchit pas, on reste focaliser sur le terrain à acheter et on se contente de payer », ajoute notre interlocuteur. A cela, s’ajoute le fait que de nombreuses personnes agissent de telle sorte pour  l’appât du gain ou encore par cupidité. Pour ces attraits, elles n’hésitent pas à vouloir s’emparer par tous les moyens possibles des terres qui ne leur appartiennent pas. 

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Dans l’arrondissement de Bélel, c’est la population qui a alerté les autorités administratives sur ce phénomène. Ici, un homme a voulu s’accaparer de plusieurs espaces et cela a éveillé les soupçons. Pour remédier à cette situation, le ministre Henri Eyebe Ayissi a publié en avril, une série de textes visant à suspendre les immatriculations et les concessions du domaine national. Dans la région de l’Adamaoua, le département de la Vina et trois arrondissements sont concernés : Ngaoundéré 1er, Ngaoundéré 2ème et Belel. Il est question pour ce ministère de voir plus clair dans la gestion de ces terres. 

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