Non-respect des mesures barrières : Yaoundé VII prépare l’opération coup de poing

Au regard du relâchement, la mairie de la commune d’arrondissement compte prendre des mesures draconiennes dans les prochains jours.


Quartier Nkolbisson, dans la commune d’arrondissement de Yaoundé VII, ce samedi 16 mai 2020. La vie suit son cours. Au carrefour Nkolbisson, les populations vaquent normalement à leurs occupations. Dans les petits commerces qui se sont développés autour, l’ambiance est plutôt bon enfant. On ne s’inquiète de rien, se donne de grandes accolades et parfois même des bises. Dans un périmètre de moins de quatre mètres carrés, des gens se regroupent pour échanger, prendre du café, jouer aux jeux de hasard ou encore faire quelques achats. Constat flagrant, très peu d’entre eux arborent le masque. Parmi ceux qui en ont un, beaucoup portent le masque sous le menton. En ce lieu comme dans la plupart des autres quartiers de la commune, la Covid-19 est pratiquement une vieille histoire. C’est d’ailleurs ce que pense Hugues P., conducteur de moto-taxi, qui lui a décidé de ne plus porter ce morceau de tissu. « Ça sert même à quoi ? De toutes les manières, on porte on meurt, on ne porte pas on meurt », dit-il avec à bord de sa moto, un client qui se tort de rire. 
Cette attitude est observée par la majorité des occupants des lieux. Et pourtant, il y a encore quelques semaines, tout le monde vivait dans le respect des règles de distanciation sociale et autres mesures barrières. Devant chaque superette ou boutique, un seau d’eau et du savon ou un désinfectant étaient installés. La mairie avait pris cette mesure forte et veillait au grain sous peine de sanctions. Le port du masque était obligatoire. Il y a deux mois, aucune règle n’était transgressée. « C’est quand on a annoncé les mesures d’assouplissement que tout a changé ici. Les gens confondent tout. Dans leurs têtes, mesure d'assouplissement est synonyme de fin de la Covid-19 », confie Elisabeth R., tenancière d’une épicerie. D’aucuns vivent même dans le déni de la maladie. « Est-ce que ça existe même d’abord ? C’est parce qu’ils ont vu qu’il n’y avait rien qu’ils ont annulé le confinement », lance une commerçante. « De toutes les manières, je n’ai pas besoin de vos histoires de masques là. Moi j’ai mes plantes et mes écorces que je prends tous les jours », poursuit-elle. 
Avec 200 000 habitants, Yaoundé VII est une commune à forte zone rurale. Les populations font plus confiance à ce que leur offre la nature pour leurs soins médicaux. Le maire de la commune, Augustin Tamba, n’est pas contre cette idée de prendre des médicaments traditionnels. Son souhait est tout simplement que les populations prennent l’existence de cette pandémie au sérieux. C’est pourquoi, avec les chefs traditionnels et associations de la commune une vaste campagne de sensibilisation bat son plein dans l’arrondissement afin que nul ne soit surpris pas les affres de la maladie. Et même si pour le leur faire comprendre il faut prendre le « fouet », Augustin Tamba est prêt. C’est pourquoi dans les prochains jours, la mairie de Yaoundé VII, passera à la phase répressive.
 

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