Livre : Ngog Lituba, rocher de tous les désirs

Dans son ouvrage, Rémi Sim Miyèmeg revient sur l’histoire des peuples issus ou environnants de ce patrimoine culturel et géographique situé dans la région du Littoral.

A 80 km d’Edea, dans la commune de Nyanon, département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral, le rocher Ngog Lituba intrigue depuis des décennies, de par sa forme et le mystère qui entoure sa création. Dans son livre paru l’an dernier chez Afrédit, Rémi Sim Miyèmeg, sans occulter cette particularité physique, s’intéresse à l’appartenance des peuples qu’on dit issus de ce rocher. Intitulé : « Sortis de Ngog Lituba : Histoire et traditions orales selon Miyemeg Mi Sim Thomas (1902-1964) », l’ouvrage parcourt les péripéties des communautés de la forêt qui borde le fleuve Sanaga à partir de Ngog Lituba. Des écrits tirés des moments relevés par le grand-père de l’auteur, puis conservés par son père, le nommé Miyemeg Mi Sim Thomas, historien. C’est donc un héritage qu’est cet ouvrage de 171 pages publié en 2019. Il présente les origines des tribus et autres clans entourant ce rocher, ainsi qu’il s’interroge sur les rapports que ces derniers ont entretenus, parfois entre querelles et conflits. Et si finalement, tout ceci n’était qu’une quête d’identité, un liant indicible avec sa terre ? 
L’ouvrage, préfacé par Mathias Eric Owona Nguini, socio-politiste, et postfacé par Pierre Titi Nwel, socio-anthropologue, décèle de nombreuses pépites sur les plans culturel, politique, sociologique et même religieux. La première partie « Les sources de l’histoire et de la tradition orale » remet à la transmission de l’héritage culturel par la parole toute sa légitimité. Dans cette première étape, les principaux arguments de l’auteur sont relatifs à la généalogie afin d’éclairer ainsi les communautés du Ngog Lituba qui ont cette zone pour repère. La deuxième partie va quant à elle plus en profondeur dans l’analyse des données, précisément les « Peuples sortis de Ngog Lituba ». Ils peuvent alors se reconnaître et tracer leur itinéraire grâce à ces points de repère. Rémi S.M. souligne également le côté sacré du rocher Ngog Lituba comme un lieu de pèlerinage et de rites initiatiques. 
La troisième partie est un regard poussé sur les « Enjeux et polémiques actuels autour de Ngog Lituba ». Cet intitulé renvoie aux luttes livrées autour de ce patrimoine, qui a souvent fait l’objet de rivalités et de tensions entre les communautés Bassa ou Mbènè et les clans Mpo’o, Biso’o et Bati (selon l’auteur, ces trois derniers en sont les véritables mandataires). Dans ce troisième et dernier compartiment, comme pour continuer de dévoiler l’intérêt que suscite Ngog Lituba, il est également signalé la présence de l’Eglise catholique qui a fait de cette grotte un sanctuaire. Ce travail de mémoire sert également de prétexte à l’auteur pour effectuer un plaidoyer auprès de l’Etat et de l’Unesco, dans les perspectives que le site soit conservé, géré, exploité, et même reconnu en tant que monument historique naturel de valeur nationale. Il le précise, l’objectif du livre n’est pas de créer plus de mésentente, mais de légitimer ce qui doit l’être. A cet effet, il s’appuie sur des documents tels que cette lettre ouverte des patriarches de l’arrondissement de Nyanon retrouvée en annexes. 
 

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