Coopératives productrices de manioc : on veut accroître les capacités de transformation

Les experts et producteurs réunis hier à Yaoundé ont évalué la mise en œuvre du projet de promotion des chaînes de valeur de l’« or blanc ».

Le manioc est un produit très largement cultivé et consommé en Afrique centrale, particulièrement au Cameroun. Sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle est inestimable, de par les nombreux produits dérivés qu’il offre. Ses racines comestibles peuvent être appréciées sous forme de manioc cuit à la vapeur, de bâton de manioc, dechikwang, de tapioca, de farine, d’attiéké et de fufu. L’on compte aussi les légumes, la production de liqueurs et de chips entre autres. Et ce n’est pas tout. Tous ces atouts ont longuement discutés hier à Yaoundé lors de l’atelier : « capitalisation/ gestion des connaissances et enseignements tirés : clôture du Projet manioc 21 ». Un autre dérivé du manioc, notamment l’amidon, offre des utilisations diverses. Selon Alvine Nomedoué, présidente d’une coopérative, il sert à la fabrication des produits lactés et anti-moustiques. Avec la pâte d’amidon, l’on peut également fabriquer du cube et de la colle. Il permet aussi l’entretien des tissus. Autant d’utilisations qui ont fait dire à Célestin Nga, secrétaire exécutif du Projet d’appui aux coopératives de manioc d’Afrique centrale « manioc 21 » (Propac), que le manioc devrait aller au-delà d’une simple culture vivrière. Selon lui, c’est un produit stratégique qui présente un grand potentiel dans l’amélioration de la productivité, la création de la valeur ajoutée et le commerce régional. Mais les seuls efforts de petits producteurs ne suffisent pas pour donner à la filière manioc toute son importance et sa capacité à révolutionner l’agriculture familiale. 


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L’atelier d’hier avait donc pour objectif d’évaluer les appuis multiformes apportés par le projet manioc 21 aux producteurs depuis sa mise en œuvre il y a deux ans. Grâce au Centre technique agricole et rurale (CTA), partenaire technique et financier du projet, les agriculteurs ont reçu un soutien indéniable. En l’occurrence des dons financiers, des formations liées à la bonne gouvernance, à la gestion financière et comptable. Les équipements dont ils ont bénéficié ont également été d’un grandapport. « Ils nous ont aidés à soulager la pénibilité du travail. Aujourd’hui, nous avons juste besoin d’une amidonerie (usine) », indique Alvine Nomedoué.


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Pour Charles Lontchi, de la direction de la promotion de l’action coopérative et représentant du ministre en charge de l’agriculture, le Cameroun produit en moyenne, 3530 000 tonnes de manioc par an pour des besoins estimés à 4 millions de tonnes.  Ce projet est donc d’un grand secours pour la filière, puisquele CTA permet aujourd’hui de booster la production et promeut les chaînes de valeur manioc. Tous espèrent désormais venir à bout de difficultés rencontrées dans le secteur, comme les pertes post-récoltes à cause du fait que le manioc est hautement périssable, la non-maîtrise des techniques et le manque des équipements de transformation, l’enclavement des bassins de production.


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