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Pont Nsongongang-Mboh-Kon : les normes de construction ignorées

L’ouvrage d’art censé relier les arrondissements de Douala 3e et 6e est construit sur un pan du Wouri serviraient des intérêts troubles.

Le chantier, situé au quartier Nsongongang-Mboh-Kon (Douala 3e), a les allures d’un ouvrage semi-artisanal. De vieux pneus entassés de part et d’autre en bordure du fleuve servent de barrage pour essayer de contenir les eaux du Wouri. Des lattes, des pieux en béton,  constituent l’ossature architecturale de l’ouvrage rustique. Sur l’autre rive à Douala 6e, le spectacle est le même. Le maire de Douala 3e, Valentin Epoupa Bossambo, descendu sur les lieux le 5 juin dernier et surpris de l’existence d’un tel chantier, a instruit l’arrêt des travaux en attendant d’y voir clair. Les populations quant à elles ont des ambitions expansionnistes pour leur quartier. « Le souci majeur de cette initiative, c’est d’ouvrir le quartier au maximum. Ce quartier est un carrefour entre les arrondissements de Douala 3e, 2e et 6e. Si on fait ce pont, il va faciliter l’accès à Douala 6e. Nous avons entrepris la même initiative pour relier notre quartier au lieu-dit bois des singes à Douala 2e », a expliqué Christian Takam, habitant du coin.
Mais de l’avis des autorités, ce pont en construction cache des intérêts mercantiles inavoués. Parmi ceux-ci, la vente de terrain et la contrebande maritime. Les habitations érigées dans la zone sont pour la plupart le résultat des remblais effectués pour conquérir du terrain en repoussant l’eau. « Les temps sont difficiles. Quand vous disposez de 500 000 F pour acheter un terrain, ce n’est pas facile de l’avoir en ville. On m’a orienté ici où j’ai pu obtenir une parcelle », témoigne Christian Takam. Dans cette perspective, l’une des îles de Douala 6e située en face représente une opportunité à exploiter. Une opportunité que viendrait booster la construction de ce pont. D’ailleurs, beaucoup y seraient déjà propriétaires fonciers. « J’avais personnellement été approché pour l’achat d’un terrain situé après ce pont, mais j’ai décliné l’offre », affirme une élite du quartier. 
Selon les autorités administratives et municipales, ce pont, une fois terminé, servirait les intérêts des contrebandiers marins. Une personnalité administrative a  affirmé sous anonymat avoir tenté de s’opposer à ce chantier mais elle a été refroidie dans son élan en découvrant les « grosses légumes » qui soutiendraient et financeraient l’initiative illégale. Il apparait donc que le financement de ce chantier serait le fait des « gros bras » bénéficiant de la complicité du chef de quartier. « Lorsque vous prenez l’engagement de construire un ouvrage comme celui-ci qui ne respecte pas les normes en la matière, c’est l’Etat qui est toujours appelé à intervenir en cas de catastrophe. Il faut laisser l’Etat faire son travail », a recommandé le maire de Douala 3e  qui s’est engagé à trouver une solution concertée à cette situation.
 

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