« C’est notre devoir d’édifier les artistes »

Parfait Olinga Bingonga, délégué régional des Arts et de la Culture de l’Est.

Comment la promulgation de la loi sur les associations artistiques et culturelles a-t-elle été accueillie par les acteurs de ce secteur dans la région de l’Est ?


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C’est un accueil favorable. Nous avons entendu des voies s’élever pour dire que cette loi vient les embrigader. Il faut bien lire cette loi. Il y a des subtilités. Dans les autres secteurs, on parle des fédérations, par exemple dans le sport. Nous voulons également que le secteur artistique et culturel soit organisé. Cela intègre beaucoup d’innovations destinées à rendre le sous-secteur arts et culture véritablement structuré. Par exemple, au niveau des arrondissements, nous aurons les compagnies ; dans les départements, nous aurons les unions ; au niveau des régions, nous aurons les guildes et au niveau national, nous aurons les fédérations. Nous avons répertorié 24 pôles artistiques, donc il y aura 24 fédérations en tout, dans chaque région. La plus-value de cette loi est qu’elle permettra aux artistes de se prendre eux-mêmes en charge, d’être responsabilisés. L’Etat va simplement encadrer le secteur. A ce moment-là, non seulement les artistes se prendront en charge, mais également, ils bénéficieront de l’appui subséquent de l’Etat. Souvenez-vous qu’à l’époque des associations, il était impossible de bénéficier de financements extérieurs, aujourd’hui, ce verrou est levé, grâce à cette loi. C’est une avancée, à mettre à l’actif de cette loi qui vise aussi à débarrasser les opportunistes du sous-secteur arts et culture. Avant cette loi, le secteur était considéré comme un fourre-tout, mais ça va changer avec ce nouveau cadre juridique. Il y avait un foisonnement d’associations, qui n’ont pas pu ramener la sérénité dans le secteur. On a passé le temps à ne parler que de droits d’auteur. Nous devons dépasser ce cadre. Je voudrais rappeler que lors des états généraux de la culture en 1991, on commençait déjà à parler de fédérations. Donc, 29 ans après, nous sommes satisfaits qu’une loi soit promulguée. Le mouvement est mis en œuvre pour qu’on mette en place ces fédérations. La région de l’Est jouera sa partition, toute sa partition.


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Comment décririez-vous l’état du sous-secteur arts et culture dans la région de l’Est?


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Le sous-secteur arts et culture dans la région de l’Est n’est pas très différent de celui du reste du pays. Il se porte relativement bien. Avec l’avènement de cette loi, nous abordons là une nouvelle ère dans le secteur. Les uns et les autres agissaient avec un encadrement plus ou moins adéquat. On ne peut plus se permettre n’importe quoi. Donc, il y aura de la discipline dans le secteur. Par le passé, nous étions submergés par les querelles inutiles. On s’enlisait dans le droit d’auteur. Il est question de dépasser ce cadre et parler de l’organisation, de la structuration générale des arts et de la culture au Cameroun. En tant qu’institution de l’Etat, c’est une obligation pour nous d’encadrer les acteurs du sous-secteur arts et culture. Nous sommes là pour leur encadrement efficient. C’est un devoir. Et je voudrais lancer un message à certains qui ont très mal interprété cette loi. Qu’ils fassent confiance au gouvernement de la République. Et le chef de l’Etat ne peut pas promulguer une loi contre ses concitoyens. Nous sommes là pour leur intérêt. Et cette loi protège tout le monde, les acteurs du sous-secteur art et culture.


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Vous avez récemment réuni vos collaborateurs et les artistes de la région de l’Est, pour une concertation bipartite. Qu’a donné une telle concertation ?


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Cette rencontre est vraiment extraordinaire de par le contexte, et la qualité des invités. Déjà, il faut dire qu’elle a regroupé effectivement les collaborateurs et s’est étendue aux acteurs des sous-secteurs arts et culture de la région de l’Est. Trois principaux points ont été débattus de fond en comble. D’abord, notre implication dans la lutte contre le Covid-19 dans le sous-secteur arts et culture, qui nous a amenés à parler du mécanisme adopté pour renforcer la résilience des artistes pendant cette période de pandémie. Et ensuite, nous nous sommes attardés sur la loi régissant le secteur artistique et culturel au Cameroun qui a été promulguée par le président de la République. C’est une loi qui est tout à fait révolutionnaire car elle permet de baliser le chemin, en termes d’organisation, de structuration. Voyez-vous, cette loi décline une vision nouvelle, elle permet de baliser le chemin, d’organiser le mouvement artistique et culturel au Cameroun. Et il faut que les uns et les autres aient le même niveau de compréhension, en comprennent clairement les enjeux et où l’Etat souhaite mener le sous-secteur arts et culture.


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