La Zambie à l’épreuve

Les incidents ayant émaillé la campagne électorale n’augurent pas d’une suite sereine du processus électoral zambien qui a été marqué, hier, par des  élections générales. 
Certes, les 6,7 millions d’électeurs se sont effectivement rendus aux urnes pour élire le président de la République, 156 députés, 1624 conseillers municipaux et voter par référendum pour amender la constitution afin de renforcer la charte des droits. Mais c’est surtout le scrutin présidentiel qui attise les passions. Les partisans des deux principaux candidats à la magistrature suprême, le président sortant, Edgar Lungu, candidat du parti au pouvoir le Front patriotique,  et son rival, Hakainde Hichilema, candidat du parti uni pour le développement national, se sont violemment affrontés  au cours de la campagne électorale conduisant parfois à une suspension du processus électoral dans la capitale zambienne, Lusaka. Le centre d’information  des élections zambiennes, une organisation de la société civile, croit savoir que trois personnes ont été tuées au cours de ces malheureux incidents. L’issue de ce scrutin s’annonce d’autant plus incertaine qu’il rappelle la précédente présidentielle au terme de laquelle le chef de l’Etat sortant avait battu son rival d’une très courte victoire. Soit moins de 28000 voix. Le candidat de l’opposition avait alors accusé le président élu « de lui avoir volé sa victoire. »  Pour  Hakainde Hichilema, qui se présente à la présidentielle pour la cinquième fois, une défaite est interdite. Dans le camp présidentiel, on ne jure également que par la victoire.
On comprend donc aisément pourquoi  l’ancien président, Kenneth Kaunda, est sorti de sa réserve pour  exhorter ses compatriotes à œuvrer pour la paix avant, pendant et après le scrutin présidentiel. La préservation de la paix constitue une nécessité impérieuse pour ce pays lourdement frappé par la chute des prix du cuivre dont il est le deuxième producteur en Afrique. Le déficit de 8 % du produit intérieur brut et la sécheresse perturbent la production hydro-électrique. Plus grave, l’inflation dépasse désormais 20 %. D’où la nécessité de taire les querelles, respecter le verdict des urnes et  redresser l’économie. 
 

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