Culture

Dédicace : « Nuances » dans l’édition

Cette nouvelle maison a dévoilé le 29 août dernier à Yaoundé, son tout premier ouvrage publié : « Etre femme est un métier à plein temps ».

Une dédicace particulière dans son genre. La présentation du recueil de nouvelles « Etre femme est un métier à plein temps », première trouvaille de la toute nouvelle maison d’édition camerounaise « Nuances », s’est déroulée sans l’auteur. Koutoukoute, qu’elle s’appelle, a décidé de garder l’anonymat. Non, ce n’est pas elle que vous voyez sur la photo illustrant cet article. La jeune dame, c’est Mariette Tchamda, fondatrice et responsable éditoriale de « Nuances ». Au cours de la dédicace de l’ouvrage le 29 août dernier à l’espace culturel Quartier Mozart à Yaoundé, elle a clairement signifié qu’elle respectait le choix de sa pouliche, osant la comparaison avec Shakespeare (le légendaire dramaturge anglais ayant souhaité maintenir le mystère autour de son visage). « Personne ne connaissait Shakespeare, et pourtant, il est l’un des écrivains les plus célèbres de tous les temps », avance-t-elle, même si elle garde l’espoir que, « peut-être un jour, Koutoukoute sortira de l’ombre. » 
Passé ce débat entre l’éditrice et le public de la dédicace modérée par le journaliste culturel Parfait Tabapsi, on a pu rentrer dans le vif du sujet. Mariette Tchamda arrive avec audace dans cet univers camerounais compétitif de l’édition, en brandissant « Etre femme est un métier à plein temps ». Un livre de 20 nouvelles retraçant le parcours de femmes, entre amour, conquêtes et désespoir. L’auteur Koutoukoute est adepte du genre. Sur sa page Facebook, Novelas Kamer Stories, elle recense des aventures simplistes et rocambolesques. Des quotidiens pas comme les autres qui ont séduit l’éditrice. Point d’ombre souligné par Yahaya Idrissou, journaliste culturel chargé de la note de lecture, et par d’autres intervenants, l’usage excessif du parler camerounais dans le livre, qui pourrait selon eux freiner sa promotion hors des frontières. « On ne peut pas raconter le Cameroun avec le français de Paris », a déclaré l’éditrice. Cependant, elle rassure les sceptiques : « Nous sommes en train de monter un lexique que nous mettrons en ligne afin que toute personne qui s’interroge puisse aller vérifier la traduction des termes. »
Ce roman de 230 pages, drôle, burlesque et quelque peu érotique, marque l’entrée de Mariette Tchamda dans le monde de l’édition. Traductrice de formation et de profession, elle réalise là un rêve d’enfance. « Je suis une amoureuse de la lecture. Je consomme beaucoup de livres, et après avoir lu 200 romans où les histoires se passent ailleurs, je me suis dit qu’il fallait que je me lance dans des histoires de chez nous », a révélé celle qui souhaite publier uniquement des plumes féminines. « Les femmes ont des choses à dire », clame-t-elle. L’aventure de « Nuances » ne fait que commencer.
 

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