Exposition : la face cachée des jeux vidéo

Dans le projet « Games and Politics » présenté par l’Institut Goethe à Yaoundé jusqu’au 26 septembre, 18 artistes dévoilent l’impact insoupçonné de ce médium.

Se méfier des apparences. En entrant dans le bâtiment annexe de l’Institut Goethe à Yaoundé réservé à l’exposition « Games and Politics », le visiteur est embarqué dans une sphère où seul le jeu vidéo a droit de cité. Un regard plus curieux force de constater que cette expo interactive va au-delà de l’événement ludique. Les 18 artistes, experts en études médiatiques et culturelles, convoqués pour ce travail de composition se servent de ce médium électronique afin d’interroger les limites des jeux sous toutes les formes. Politiques, socio-culturels, économiques, tous ces pans sont questionnés dans une dynamique fascinante. Le jeu vidéo est-il un moyen approprié pour traiter de questions politiques aussi complexes à traiter ? C’est la grande inconnue de « Games and Politics ». On comprend que les jeux informatiques y sont considérés sous divers aspects : une arme politique, un outil de divertissement ou un art. Tout dépend du contexte. Les créateurs de chaque jeu se situent dans une société, et leur produit est le reflet de celle-ci. Les 18 projets proposés démontrent que tous les jeux informatiques ont une pertinence politique. 


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L’idée de l’expo va plus loin, en signalant des jeux délibérément conçus pour attirer un groupe cible, aux fins de lui transmettre un message de propagande par exemple. Les auteurs de cette exposition ressortent une certaine ironie rarement perçue dans ce domaine : les joueurs dirigent les personnages avec leurs manettes, mais à leur tour ils doivent suivre les règles imposées par le jeu. Ils soulignent également les conditions sociales et les griefs dans lesquels évoluent de nombreux citoyens du monde. L’environnement de travail précaire est ainsi décrit dans « Sunset », entre autres thèmes forts qu’on était loin de soupçonner apparaître dans des jeux vidéo. Les questions de genre, les conséquences de la guerre, le traitement des fugitifs, ou des révolutions contre les systèmes totalitaires, la critique des médias, la migration, etc., surgissent sur le fil de cette expo, autant dans les jeux soumis à l’appréciation du public, que dans les trois documentaires qui les complètent.


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Le joueur qui accepte le défi est confronté à ses propres limites, face à certains de ces prototypes offrant peu de marge de manœuvre. Il y transparaît également les reproches faits aux jeux vidéo, dégradant souvent l’image des femmes, utilisant la violence à outrance ou privant le joueur devenu accro de toute liberté. « Games and Politics » est un travail inspiré d’un précédent (« Global Games ») réalisé en 2016 en Allemagne par le Centre pour l’art et les médias à Karlsruhe, qui s’associe avec le Goethe Institut du Cameroun dans l’actualisation de l’expo. Ouverte depuis le 1er août dernier, elle est à vivre jusqu’au 26 septembre prochain, entre 10h et 18h de mardi à dimanche. 


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