Stanley Enow : le cœur sur la main

L’artiste qui est récemment devenu ambassadeur national de l’UNICEF, a fait de l’humanitaire une de ses sources de motivation.


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Il y a sept ans, son titre « Hein Père » bousculait toute les appréhensions autour du hip hop, rendant ce style plus familier pour toutes les couches de la population, pas seulement pour cette jeunesse dans le vent. Adoubé par ses pairs au Cameroun et dans le reste du continent, le rappeur Stanley Enow poursuivait une aventure entamée depuis plusieurs années dans les radios à Douala, aux côtés de mentors comme le journaliste culturel, Serge Pouth. Son histoire, il la vit comme sa carrière, en donnant des coups aux difficultés qui parsèment son ascension. La capitale économique, il la rejoint après avoir quitté Bafoussam, la ville qui lui a tout appris : l’amour de la famille, le sens du devoir. 


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Courage et détermination le caractérisent. Cette motivation est encore bien présente dans tous les contenus de ses albums. De « Soldier Like My Papa » à « Stanley VS Enow », il compose ses morceaux et bâtit sa carrière. Une de ses chansons phares, « My Way » rappelle ses débuts, les montagnes qu’il a gravies et les obstacles qu’il a repoussés. Des voyages à travers l’Afrique et dans le reste du monde, lui ouvrent des possibilités, créent des rencontres avec des stars comme Janet Jackson, Busta Rhymes, et plus proche de nous, Claude Ndam, Davido, Tzy Panchak, Locko… Toutes ces expériences, Stanley Enow les révèle, et partage son désir d’aider la jeunesse dans sa nouvelle posture d’ambassadeur national de l’UNICEF, entre autres péripéties.   


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Vous vous êtes récemment engagé avec l’UNICEF comme ambassadeur national. Comment ce volet humanitaire dans lequel vous vous êtes plusieurs fois démarqué et l’appui aux couches les plus vulnérables nourrissent-ils votre création musicale ?


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Travailler avec l’UNICEF et les enfants pour une cause si noble, c’est touchant. Effectivement, ça m’aide à m’enrichir de soutenir des personnes aussi innocentes que les enfants. Le Royaume des cieux appartient aux enfants, et m’investir auprès d’eux me permet d’aller vers la source la plus pure pour composer mes chansons. Je suis justement en train travailler sur une chanson qui va paraître dans mon tout prochain projet, et cette affiliation avec l’UNICEF m’a inspiré l’histoire d’un couple qui a eu leur enfant sur les bancs de l’école et qui se sont battus pour préserver cette vie. Ce type de thèmes modifie complètement mes contenus habituels, c’est vrai, et je pense que je n’aurais jamais pris cet angle si je ne m’étais pas engagé avec l’UNICEF. C’est un tournant pour mon discours artistique.


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Nombre de vos chansons comme « My Way » évoquent justement cette souffrance vécue par des jeunes, avec toujours une leçon de motivation pour ne pas se laisser abattre. Essayez-vous de raconter à travers ces histoires votre propre expérience ?


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La motivation a toujours été quelque chose de précieux pour m’aider à accomplir des choses. Elle me tient à cœur, et c’est pourquoi j’ai écrit « My Way » par exemple. C’est une hymne à la persévérance, au succès, au travail, de manière générale. Aujourd’hui, je me place en pole position pour dire à la jeunesse que leur souffrance peut être essuyée à travers le travail, à travers un geste de cœur, et je pense que cette association entre ma musique et tout ce qui est mon vécu, tout ce qui a été difficile pour moi, est le symbole de mon travail. Je ne peux pas faire la fête sans dire aux invités ce que m’a coûté la préparation du repas. Je suis dans un élan de rappeler d’où je viens, et de dire que la difficulté est véritablement la vitamine du succès.


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« Hein Père » est ce titre par lequel l’univers du hip hop camerounais vous a adoubé comme l’un des siens. Pourtant vous aviez déjà des précédents dans ce style musical. Comment s’est passée votre introduction dans le monde du rap ?


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J’ai la chance d’avoir une très belle famille. Je suis né et j’ai grandi dans la difficulté, mais cela ne m’a pas empêché d’avoir beaucoup de joie. Mes frères aînés venaient toujours à la maison avec des cassettes de hip hop, et je me suis initié à la musique en écoutant celles-ci. J’écoutais également bon nombre de légendes du rap camerounais telles que Krotal, Ra-Syn, Big B-Zy et tous ces rappeurs qui ont forgé mon style, car ils avaient beaucoup de classe dans leur musique, et je suis venu avec ma petite touche, et je ne peux pas m’arrêter en si bon chemin.


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Comment le succès emmené par « Hein Père », entre distinctions aux MTV African Music Awards, à Afrima, aux Canal d’Or, a-t-il contribué à vous bâtir ?


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Nous sommes à l’ère du digital, et je pense que je suis un enfant de la génération Internet. « Hein Père » a eu tout ce succès grâce à la Toile. Le morceau a percé en ligne avant même de faire son chemin dans les ménages, et autres plateformes. En plus des MTV African Music Awards, j’avais eu plusieurs prix vraiment prestigieux, comme les All Africa Music Awards (Afrima). J’ai obtenu des récompenses dans des pays comme le Nigeria, les Etats-Unis… Cela a créé quelque chose de vraiment fort et le mouvement musical emmené par Stanley Enow a véritablement pris corps. Depuis « Hein Père », j’ai vécu des événements extraordinaires. 


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De l’album « Soldier Like My Papa » à « Stanley VS Enow », on constate que votre rap évolue en épousant avec les années les harmonies d’autres styles. La collaboration avec des artistes locaux et internationaux a-t-elle contribué à votre maturité musicale ?


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Je n’irais pas jusqu’à parler de maturité musicale, parce que même les plus grands continuent d’apprendre. Maturité peut-être dans la vie, car on avance. De « Soldier Like My Papa » à « Stanley VS Enow », je me suis donné à fond et j’ai vécu des expériences qui m’ont fait grandir. Si quelqu’un a écouté ma musique il y a cinq ans, et qu’il l’écoute actuellement, il comprend qu’à présent j’ai évolué et que je suis à une autre étape. Je peux dire que je grandis en réalité avec mon audience. Les featurings avec d’autres artistes africains, je m’y engage pour rendre mon travail plus panafricain, exporter la musique urbaine autrement à travers des musiciens qui ont une certaine notoriété.


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En parlant de collaborations, il vous arrive très souvent de quitter votre couloir et de vous ouvrir à d’autres. Vous avez par exemple travaillé avec le feu Claude Ndam. Que retenez-vous de votre duo avec cette icône ?


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Quand on parle de Claude Ndam, je commence à fondre en larmes… C’est quelque chose de très fort que j’ai vécue avec lui. En tant que jeune, je ne peux m’empêcher d’honorer les légendes, car je veux en être une. Pour moi, c’était impératif qu’un monsieur autant poétique, philosophique et talentueux que Claude Ndam soit honoré. Avec mon équipe, j’ai décidé de reprendre sa chanson, et ce titre, « Love Song », les gens ont beaucoup apprécié. Malheureusement, il est de regrettée mémoire aujourd’hui, mais il continue de vivre à travers sa musique, son art, nous. Tout ceci pour vous dire que je n’ai pas de couloir précis. Je suis un artiste tout court: I don’t get myself put in a box. 


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