Culture

Dédicace : femmes et politique au théâtre

Dans son œuvre « Le taureau par la corne » présentée le 10 septembre dernier à Yaoundé, Jean-Marie Bollo appelle l’implication des femmes aux postes de décision.

Pour sa grande première dans la dramaturgie, Jean-Marie Bollo réalise un coup double. Le 10 septembre dernier au Centre culturel à Yaoundé, il a présenté deux pièces réunies sous un même volume, et publiées cette année aux Editions Ifrikiya. « Le taureau par la corne » et « La farce de monsieur Kazernet », sont les deux créations de l’auteur, produit de la Faculté des Arts du spectacle et cinématographie de l’Université de Yaoundé I. La cérémonie de dédicace a donné lieu à la traditionnelle signature des ouvrages, mais elle a pris une tournure particulière, en ceci que le public a eu droit à une représentation théâtrale de la deuxième pièce « La farce de monsieur Kazernet ». Question de rentrer un peu plus dans la profondeur du discours de l’auteur. D’après lui, son œuvre est en réalité à la fois un plaidoyer et un réquisitoire. « Je me livre à un plaidoyer qui pose le problème de la sous-représentation des femmes au niveau des sphères de décision, en même temps, je fais un réquisitoire, car je demande à la femme de s’impliquer un peu plus. Le moment est venu pour elle de prendre en main la chose politique, afin qu’elle puisse s’imposer », a déclaré Jean-Marie Bollo. 
Afin d’illustrer son propos, il s’appuie sur « Le taureau par la corne », dévoilée comme une comédie politique racontant l’histoire d’une femme courageuse nommée Dame de fer. Elle va poser sa candidature à la tête du comité de développement de son village. Cette décision rencontre l’opposition de tous (des femmes et des hommes), y compris du candidat sortant. L’intimidation va-t-elle la contraindre à abdiquer ? La note de lecture effectuée par Josée Meli, critique littéraire, a permis de ressortir tous ces freins à l’épanouissement politique de la femme en Afrique. Quant à l’éditeur, il a tenu à souligner des points autour de la construction de la dramaturgie qu’il qualifie de compétitive. 
D’après le directeur général des Editions Ifrikiya, Jean-Claude Awono, les contenus de l’auteur vont puiser « dans le registre de cette parole africaine la plus imagée possible, pleine de proverbes. » Il constate cependant que ces œuvres théâtrales saisissent des problématiques actuelles. « Les deux pièces parlent de la femme, de la corruption et autres, mais il y a également la manière pour l’auteur de construire ses personnages à qui il attribue des pseudonymes ou des noms collectifs, ce qui situe son théâtre dans une perspective originale, à proposer aux acteurs de la scène qui peuplent le Cameroun et l’Afrique », a reconnu Jean-Claude Awono. La place, la valeur et les capacités de la femme sont discutées dans cette œuvre que les amateurs de théâtre ont hâte de découvrir en lettres et sur les planches.
 

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