Culture

Poésie : un vers transcendant

Deux ruptures de stock ont rythmé la dédicace du recueil de poèmes de Danielle Eyango le 19 septembre dernier à Douala.

Un samedi pas comme les autres au milieu des livres de la Fnac Bali à Douala. Ce 19 septembre 2020 là, un vers tonitruant a remplacé le silence des rayons. Le vers de l’écrivaine Danielle Eyango, qui dédicaçait son recueil de poésie « Le Parfum de ma mère », paru en août dernier aux Editions de midi. Un livre de 76 pages et 17 poèmes, deuxième œuvre de l’auteure, huit ans après « Kotto Bass. Comme un oiseau en plein envol ». 
Danielle Eyango est donc de retour. Et le public est au rendez-vous. Comme on a pu le constater le jour de la dédicace. En effet, en cinq heures et trente minutes, la séance a connu deux ruptures de stock du recueil et plus de 200 exemplaires ont ainsi été écoulés. Un fait inhabituel qui a surpris même les organisateurs de cette rencontre entre l’auteure et le public, comme l’explique Danielle Eyango elle-même : « A dire vrai, l’équipe avait prévu un stock de 70 livres et on ne pensait pas les écouler tous. Sauf que les exemplaires sont tous rapidement partis et on a dû dévaliser les points de vente de toute la ville. »
Cette ruée vers l’œuvre de Miss Eyango n’est pas surprenante, de l’avis de l’écrivain Daniel-Alain Nsegbe, Mutt-Lon de son nom d’auteur : « Danielle Eyango c’est une toute jeune plume déjà acérée (…) On avait tendance à croire que l’âge d’or de la poésie en Afrique était révolu depuis le Congolais Tchicaya U Tam’si. Et Danielle Eyango nous a magnifiquement démontré le contraire pour notre plus grand plaisir. Je lui dis merci non seulement pour sa magnifique poésie, mais aussi pour le coup de fouet à ce milieu culturel qui n’est pas tout le temps en couleur (…) Ça ne peut être que positif pour la littérature camerounaise. » Des commentaires élogieux, on en aura aussi eu du côté de Djaïli Amadou Amal, en lice pour le Goncourt 2020 avec son roman « Les Impatientes », venue soutenir une jeune consœur qu’elle a qualifiée de « brillante ».
Un adoubement de deux ainés, dont la présence, comme celle de l’auteur Badiadji Horretowdo également, a ému la star du jour aux larmes. « Ils font partie de mes auteurs favoris. Quand vous avez deux grosses pointures qui ont eu à gagner des prix à l’international, Djaïli qui est en lice pour le prix Goncourt, Mutt-Lon qui a gagné le prix Ahmadou Kourouma, c’est comme une validation de mon talent d’écrivain. Ça signifie qu’ils me considèrent comme l’une des leurs », a déclaré Danielle Eyango. En plus de l’hommage des deux auteurs, des artistes d’autres disciplines ont célébré « Le parfum de ma mère ». C’est le cas du cinéaste et comédien Thierry Ntamack, qui a déclamé le poème « Demain sur ta tombe j’irai », en mémoire de l’oncle de l’écrivaine, Kotto Bass.
 

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