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RDC : la caravane de paix fait son chemin

Une délégation d’officiels parcourt l’Est du pays à l’effet d’évaluer les dégâts causés par l’activité des milices et d’appeler à l’apaisement.

Une mission de paix sillonne depuis une semaine les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. Constituée de huit députés nationaux et du ministre de la Défense, Sylvain Mutombo, cette mission visite des sanctuaires des combattants de l’ADF, s’entretient  avec les états-majors de l’armée et rencontre les autorités locales et les sociétés civiles des localités visitées. Lundi dernier au cours de l’escale de Kalemie dans le Tanganyika où des combats sont régulièrement signalés entre miliciens pygmées et Lubas, les visiteurs ont surtout déploré le niveau d’insécurité auquel font face les populations et plaidé en faveur d’un retour de la force publique. « Il y a beaucoup de morts, il faut absolument que les communautés se parlent. Et il faut que l'armée arrive à imposer l'autorité de l'État. Il faut vraiment des moyens pour éviter la rechute », a indiqué Juvenal Munubo, chef de la délégation parlementaire. Son collègue Bernard Kayumba a surtout déploré le fait que « des gens ou des politiques tirent des ficelles pour qu’il y ait des milices dans différentes provinces ». Selon ce dernier, « il faut qu’il y ait un dialogue interethnique car dès lors que l’armée continuera à frapper, elle risque de frapper un jour une population innocente. Il est temps que des tireurs de ficelles connus depuis Kinshasa et les provinces soient interpellés. Il y a des preuves ».
Dans la localité de Beni, théâtre d’attaques fréquentes des ADF, miliciens d’origine ougandaise, le ministre de la Défense pense davantage à une coopération entre civils et militaires pour dénoncer les assaillants. Si pour les élus et le membre du gouvernement cette tournée est opportune, du côté de la société civile celle-ci suscite plutôt indignation. « Les caravanes de la paix ne peuvent rien apporter. D'ailleurs, pendant qu'ils étaient là, il y a eu des morts. C'est du tourisme, du gaspillage pur et simple, une perte de temps et une dilapidation des moyens de l'État. Les actions sont ailleurs », a dénoncé Jean Bosco Lalo, président de la société civile de l’Ituri. 
 

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