Santé : elles ont survécu au cancer

Entre l’acceptation de leur état, l’incompréhension des proches et le traitement souvent pénible et coûteux, elles se considèrent aujourd’hui comme des apôtres de la sensibilisation.

« Je vais passer la nuit à l’hôpital pour la chimiothérapie. La séance est très épuisante et j’ai besoin de deux jours de repos ». Premier échange téléphonique avec Catherine M. avant la rencontre physique. La dame vient de subir une ablation de son deuxième sein à l’Hôpital général de Yaoundé. C’est dans cette formation sanitaire qu’elle suit son traitement. Deux jours plus tard, lundi 26 octobre, elle est en forme. Tout sourire. C’est dans un établissement scolaire, son lieu de service, que le rendez-vous a finalement lieu. Sur place, tout le monde sait déjà que Catherine M. est malade. Et sait qu’elle va donner un témoignage. « J’ai compris qu’il ne sert à rien de me cacher. C’est en parlant qu’on est libéré. Surtout que nous sommes tous appelés à mourir un jour ou l’autre. Ce cancer m’a transformée ».
La vie de Catherine M. a basculé un matin d’avril 2018. « J’ai ressenti sous mon aisselle droite, un abcès. Il ne se calmait pas et je suis allée à l’hôpital pour y voir plus clair », dit-elle. Après un entretien avec un médecin à l’Hôpital général de Yaoundé, la dame sera réorientée vers un gynécologue. Ce dernier va lui faire passer une batterie de tests. « J’ai dépensé près de 400 000F pour faire les examens. Au final, j’apprends que j’ai un cancer du sein », se souvient-elle. La maladie est déjà au stade 2 et Catherine M. doit se faire amputer ce sein. L’opération se fait le 12 septembre 2019. S’en suivent des séances de chimiothérapie.
Surmonter les moqueries
Amputée d’un organe, elle doit désormais composer avec les « gentillesses » que lui glissent des collègues ou proches au passage. « Tu ne ressembles plus à rien ». « On dirait un chimpanzé ». Les effets de la chimiothérapie sur le corps transforment quasiment le physique de cette mère de famille. Mais elle n’abandonne rien. « Je n’ai que mon Dieu. Toute ma force vient de lui. J’ai su parler à certaines personnes et elles m’ont apporté leur soutien », dit-elle. Ce que Catherine ignore, c’est que la maladie a pris le temps de se développer dans son corps. Rendue à Douala pour entamer une radiothérapie, elle apprend que son deuxième sein était déjà touché. Elle sera de nouveau amputée le 27 août 2020. Catherine a adopté des prothèses mammaires.
Drapée dans son ensemble pagne, une perruque couvre également son cuir chevelu dégarni. Un autre effet de la chimiothérapie. Mais ce n’était pas tout à fait fini pour elle. « J’ai eu de violents maux de tête et je me suis presque évanouie à une soirée de mariage », dit-elle. Conduite à l’hôpital, la dame apprendra que ses poumons sont touchés. Il est alors urgent de les faire nettoyer régulièrement. « Je me suis habituée à passer des nuits à l’hôpital et je ne ressens même plus la douleur des aiguilles. Le plus dur pour moi, ce sont mes enfants qui ne peuvent pas poursuivre les études parce que mon époux et moi n’avons plus rien. Cette maladie me prend tout. Mais, les anges du Ciel veillent sur moi », se console la dame, sourire aux lèvres.
Après l’épreuve, la sensibilisation
Celle que le sourire ne quitte presque jamais, c’est Nadège Kamchoua. La diplômée en communication entend se mettre au service du métier qu’elle a appris pour sensibiliser sur la maladie. Tout remonte à septembre 2013. « Avec mon compagnon, nous avions le désir d’un enfant. Après un premier accouchement huit ans plus tôt, j’ai eu un peu de mal à concevoir le second. Il est finalement arrivé, après un suivi spécial et une bonne dose d’hormones pour stimuler mon système », se souvient-elle.
Cinq mois plus tard, alors qu’elle allaite son fils, elle sent une boule dans le sein droit. Une échographie mammaire effectuée à l’Hôpital central de Yaoundé montre la présen...

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