Ethiopie : offensive militaire au Tigré

Le gouvernement a dépêché des troupes mercredi dans cette région du nord où l’on observe des vélléités sécessionnistes.

Le Tigré est placé en état d’urgence depuis mercredi à la suite d’une attaque contre une base de l’armée fédérale à Mekele, capitale de cette région, dans la nuit de mardi. Le gouvernement d’Addis-Abeba accuse le gouvernement fédéré d’avoir perpétré cet assaut contre l’une de ses positions. A Dansha, une ville de l’ouest de ladite région, les assaillants ont été repoussés par des forces de défense et de sécurité de la région Amhara, limitrophe au Tigré. En représailles, une mission punitive a été dépêchée dans cette région située à 700 km au nord de la capitale. « Nos forces de défense ont reçu l'ordre […] d'assumer leur tâche de sauver la nation. Le dernier stade de la ligne rouge a été franchi et le gouvernement fédéral est donc contraint à la confrontation militaire », a souligné le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed sur son compte Twitter. Cette attaque a fait « de nombreux morts, des blessés et des dégâts matériels », a-t-il indiqué. D’après Redwan Hussein, porte-parole de la cellule de crise mise sur pied par le gouvernement, « l'objectif militaire est, premièrement, de maintenir la loi et l'ordre, ensuite de libérer le peuple tigréen ». 


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De son côté, le gouvernement local du Tigré fait savoir que le commandement nord de l'armée fédérale avait fait défection en sa faveur. Ce que dément le Premier ministre, Abiy Ahmed. En effet, cette riposte de l’armée régulière vient remettre en surface un conflit interne qui couve en Ethiopie en proie à des tensions intercommunautaires croissantes. Situé non loin de la frontière avec l'Érythrée, le Tigré a organisé en septembre dernier des élections régionales sans se référer au gouvernement fédéral d’Addis-Abeba qui a jugé ce scrutin illégal. Les leaders tigréens disent ne plus reconnaître l’autorité de l’Etat fédéral depuis le report en août dernier des élections qui auraient dû consacrer de nouveaux députés nationaux et régionaux dont le mandat a expiré en octobre. 


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