Ecrans Noirs 2020 : demain, l’extinction

Après une semaine de projections et d’intenses activités, la 24e édition de cette grand-messe du cinéma africain rentre en gare ce samedi

Les 24e Ecrans Noirs constituent, pour leur comité d’organisation et leurs participants, une édition de tous les défis. Pour plusieurs raisons certes, mais celle qui s’est révélée une véritable épée de Damoclès, c’est cette pandémie de Covid-19, toujours aussi nuisible pour le milieu culturel. La grand-messe du cinéma africain y a échappé de peu, n’eût-été la résilience de l’organisation et des cinéastes locaux, bien décidés à honorer ce rendez-vous annuel vieux de 25 ans. Au traditionnel mois de juillet (qui cette année s’est retrouvé englué dans la période la plus rude de la pandémie), celui de novembre a été préféré, sans regret. Car en une semaine, les projections aux Ecrans Noirs n’ont jamais eu autant de succès. Les trois salles ont fait le plein à chaque projection, particulièrement à 18h, créneau calé pour les longs métrages camerounais et étrangers, en compétition dans la catégorie la plus prestigieuse du festival, celle menant à l’Ecran d’or. 


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Pour Bassek Ba Kobhio, délégué général du festival, le choix du site unique, le Palais polyvalent des sports de Yaoundé, est l’atout séduction de cette 24e édition. Le public adhère. « Pas de dispersion, pas besoin de courir d’une salle à une autre d’un point à l’autre de la ville. Tout est là, à un seul endroit, et cela facilite énormément les choses. Cette formule du site unique est à envisager dans l’avenir », a confié Bassek Ba Kobhio à CT, le 2 novembre dernier, au sortir d’une projection comble de « Saving Mbango », du réalisateur camerounais Nkanya Nkwai. Cette remarque positive du patron des Ecrans Noirs traduit le satisfecit des autres festivaliers. En présentiel ou en ligne, ils n’ont pas fait faux bond aussi bien aux projections, qu’aux ateliers, Masters classes et au colloque avec pour thème : « Cinéma de crise, cinéma en crise : le Covid-19, une opportunité de réinventer les cinémas africains ? ». Cette dernière articulation a salué les efforts fournis par les cinéastes africains en ces temps troubles, tout en posant les bases pour un futur prometteur.


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Et le futur le plus récent, c’est demain, samedi 7 novembre, date de clôture des Ecrans Noirs. Pour l’apothéose de cette édition vraiment pas comme les autres (la cérémonie de clôture annulée par solidarité avec le deuil national décrété par le président de la République pour le drame de Kumba), le festival va retrouver le palais des Congrès. Après la présentation de plus de 70 longs-métrages et courts-métrages de fictions et documentaires (sans oublier les séries), l’heure sera dédiée à l’Ecran d’honneur décerné cette année à l’icône franco-ivoirienne du cinéma et du théâtre, Sidiki Bakaba ; à la remise du prix au lauréat du concours « 10 jours pour un film » organisé en partenariat avec l’Institut Goethe ; et par-dessus tout, au sacre d’un long métrage qui repartira avec la statuette dorée : l’Ecran d’or.   


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