Télévision : redoutable « Mamiton »

L’actrice camerounaise, connue pour ses rôles autoritaires dans plusieurs séries et web-séries à succès, continue d’explorer l’univers des petits et grands écrans.

Mamiton était l’une des étoiles les plus scintillantes de la 24e édition des Ecrans Noirs. Il était impossible de voler une minute d’interview à cette comédienne camerounaise dont le concept éponyme « Les minutes de Mamiton » était nominé dans la toute nouvelle catégorie de ce festival, dédiée aux web-séries. Il était tout aussi difficile de l’immortaliser avec son objectif sans passer par une longue file d’attente, créée par une horde de fans en liesse qui s’agglutinaient autour de leur vedette préférée pour lui témoigner leur admiration ou l’encourager. Dans le cœur des téléspectateurs, « Mamiton » occupe une place de choix parmi les comédiens camerounais. Rien de surprenant, car elle est l’une de ces actrices qui marquent le public par leur prestance, leur charisme et leur capacité à se glisser dans les personnages à qui elle donne vie à l’écran. 


Read also : Théâtre : la résidence Ngoti revit

C’est d’ailleurs pour cette raison que son nom à l’état civil (Orgelle Kentsop) reste si peu connu du grand public, tant le rôle de l’impitoyable Mamiton, qu’elle incarne dans tous les téléfilms comme « Foyer polygamique », « Ma belle-mère », « Les déballeurs », « Cercle vicieux », « La reine blanche »…, lui colle à la peau. Et ce depuis le début de sa passionnante aventure dans le 7e art en 2004. La comédienne ne passe plus inaperçue du fait de sa notoriété. Au-delà de son talent et du travail acharné, elle doit également son succès à la discipline de vie qu’elle s’est fixée, au travail, à la ponctualité et au soutien inconditionnel de sa fille. Des valeurs qui lui ont permis de décrocher des distinctions aux Canal d’or et au festival Komane de Bafoussam, mais aussi une renommée internationale. Malgré son succès, elle garde les pieds sur terre et n’hésite pas à donner du sien. Après de nombreuses années devant la caméra, la star rêve d’ouvrir sa maison de production. Bien avant cela, celle que les cinéphiles assimilent à la vedette de Nollywood, Patience Ozokwor, a accordé une interview exclusive à CT lors des Ecrans Noirs 2020. Elle évoque ses débuts dans le cinéma, ses projets, ainsi que sa nomination à ce festival. 


Read also : Fête de la musique : Bafoussam dans la danse


Read also : Fête de la musique : hommage aux musiciens

Le Festival Ecrans Noirs 2020 s’ouvre désormais aux web-séries. La série « Les minutes de Mamiton » dans laquelle vous êtes à l’affiche, est nominée à la 24e édition de cette grand-messe du cinéma et de l’audiovisuel d’Afrique. Quelle a été votre réaction ?


Read also : Hommage : Remember Manu Dibango

J’étais très émue et contente. Les web-séries gagnent du terrain depuis un temps. Le public se reconnaît dans les histoires qui y sont racontées, car on parle de notre quotidien, de ce qui se passe tous les jours dans les ménages. En ce qui concerne la nomination du projet « Les minutes de Mamiton » aux Ecrans Noirs, c’était un grand honneur, une fierté. Peu importe le verdict de la soirée des récompenses. J’étais très émue de voir ma web-série nominée et l’aventure ne fait que commencer. 


Read also : Danse : déconfinement de l’esprit

Aujourd’hui, vous êtes devenue une pièce maîtresse du cinéma camerounais grâce à vos différents rôles. Comment tout cela a débuté ?


Read also : Fête de la musique : des honneurs à Manu Dibango

C’est en 2004 que tout a commencé. Une radio de la place était à la recherche d’une actrice et d’une animatrice et j’ai décidé de me lancer. J’ai déposé des demandes pour les deux postes tout en prenant le soin d’y retourner tout le temps pour le suivi de mon dossier, car ma feue maman disait toujours que c’est le malade qui attend le docteur et non le contraire. A chaque fois que je me rendais là-bas, on me demandait de patienter et de revenir. J’étais franchement démoralisée. Un jour, j’ai rencontré mon grand frère Flaubert Tankoua qui me demandait si j’avais déjà été recrutée à la radio. Je lui ai fait part de ma mésaventure. Il m’a demandé ce que je voulais faire concrètement et je lui ai répondu que je voulais être actrice de cinéma. C’est comme ça qu’il m’a mise en contact avec son collègue, Ebenezer Kepombia (Mitoumba), avec qui il enseignait au Collège La vallée. Il m’a donc donné rendez-vous par la suite pour le casting. C’est comme ça que j’ai rencontré Mitoumba qui m’a donné un scénario et m’a demandé de lire toutes parties qui concernent Mamiton. Je me suis mise à lire, tout en priant. Après il m’a demandé de restituer ce que j’ai lu sur scène. J’ai donc vu une brindille de balai et ça m’a inspirée. Je me suis lancée et tout le monde m’a acclamée à l’audition. Et c’est comme ça que tout est parti.


Read also : Droits d’auteurs de l’art musical : environ 1500 artistes passeront à la caisse

Coup d’essai, coup de maître alors ?


Read also : Saison Africa 2020 : des artistes camerounais en vedettes

Après ce casting, les personnes qui étaient présentes m’ont tellement félicitée et c’est ainsi que ma carrière a décollé. J’ai par la suite joué dans plusieurs séries et films à savoir « Foyer Polygamique », « Ennemies Intimes », « Cercle Vicieux », « Habiba » et « La reine Blanche » d’Ebenezer Kepombia, « Irrational Love » de Dante Fox et bien d’autres films et séries. Aujourd’hui, je ne passe plus inaperçue. Je me sens tellement bien. Quand je vais même au marché, chaque commerçant m’interpelle et souhaite que je lui fasse la recette. Certains crient en disant qu’ils veulent juste toucher à mon argent. Et je rends grâce à Dieu pour tout cela.


Read also : Photographie : rudiments pour enfants défavorisés

Incarner en permanence le mauvais rôle à l’écran rejaillit-il sur votre quotidien ?


Read also : Festival international du film d’humour : rira bien qui rira le dernier

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category