Présidentielle béninoise : l’Eglise veut la fin du parrainage

Au cours d’une conférence de presse vendredi dernier l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance a estimé que cette disposition de la loi électorale était une barrière pouvant menacer la paix sociale.

A cinq mois de l’élection présidentielle dont le premier tour aura lieu le 11 avril 2021, l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance (OCCG) plaide pour la suppression du parrainage des candidats. Il l’a fait savoir le 4 décembre dernier au cours d’une conférence de presse donnée au siège de la Conférence épiscopale. Dans son adresse, son président a fait remarquer qu’en l’état actuel, seule la candidature du président sortant, le cas échéant, pourrait être garantie avec le parrainage. L’OCCG a interpellé le parlement et la Cour constitutionnelle sur la nécessité de prendre des mesures pour sa suppression dans le contexte où cette disposition « soulève des problèmes qui rendent difficiles son application ainsi que l’organisation d’une élection présidentielle impartiale, transparente, crédible et pacifique », a dénoncé le Père Nathanaël Soede, qui redoute une situation d’exclusion des candidats, source de frustration et de remous et vecteur de crise politique.


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L’article 44 nouveau de la Constitution stipule en effet qu’une candidature aux fonctions de président de la République doit recevoir l’accord d’un nombre minimal d’élus dans les conditions fixées par la loi. Depuis la modification de la loi électorale en novembre 2019, les partis politiques doivent recueillir 16 parrainages de députés ou maires en faveur de leurs candidats à l’élection présidentielle. Une mesure qui a révolté les membres de l’opposition et les organisations de la société civile. 


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Si l’intérêt affiché du parrainage est de fournir des preuves de l’ancrage social, la bonne moralité et des aptitudes des candidats à la magistrature suprême, il est aussi source de soupçons dans la mesure où les personnes appelées à parrainer appartiennent majoritairement au même bloc politique : la majorité présidentielle. Depuis quelque temps, des campagnes ont été organisées et des recours introduits à la Cour constitutionnelle par les membres de la société civile et de l’opposition pour cette institution déclare inapplicable la disposition et le principe du parrainage, car les 83 députés (élus en 99) et plus de 90% des élus locaux sont du camp du président sortant. Malgré des protestations contre le parrainage, il reste en vigueur. 


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