« Nous produisons pour un marché extérieur »

Ebenezer Kepombia, acteur et producteur de séries.

Acteur ou producteur, quelle casquette rapporte le mieux ?


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Celle du producteur. Le producteur est celui qui met beaucoup d’argent dans un projet, surtout s’il faut tenir compte de l’investissement et du retour à l’investissement. Le producteur est le patron, les acteurs sont des employés payés par prestation alors que le producteur lui, travaille en permanence. Je profite de l’occasion pour éclairer la lanterne des uns et des autres. Comme je suis aussi comédien, par moment, on me compare aux autres dans le sens où, Mintoumba est plus à l’aise financièrement que d’autres. Il faut qu’ils comprennent que nous n’avons pas le même poids. Je suis à la fois comédien, acteur, producteur et distributeur. 


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Pourquoi avoir choisi d’investir exclusivement dans les séries et non dans les courts et longs métrages ?


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D’abord, on fait les courts métrages pour être connu. On le fait pour avoir une identité de réalisateur. Ce n’est surtout pas pour chercher de l’argent. Il en est de même pour les longs métrages. Au Cameroun, le contexte est un peu complexe. Il n’y a pas de salles pour l’exploitation des longs métrages or, ce type de films n’est rentable que grâce aux projections en salles. C’est pour cela que je me suis concentré sur la production des séries. La série est un programme et Dieu seul sait combien les chaînes de télé ont besoin de contenus pour remplir leur grille de programmes. Du coup, quand on réalise une bonne production, on sait qu’elle sera diffusée sur toutes les chaînes. 


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Combien coûte la production d’une série ?


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Le budget varie selon les ambitions des producteurs. Une série qui est appelée à traverser les frontières ne sera jamais réalisée avec le même montant que celle qui ne cible que le public local. D’ailleurs, on n’a pas de marché au Cameroun donc, quand je produis mes séries c’est pour l’extérieur. Imaginez-vous qu’en tant que premier producteur d’Afrique francophone, la CRTV, la chaîne nationale ne m’a jamais acheté une série ! Les autres chaînes le font à peine. Notre marché c’est à l’extérieur. Le Cameroun nous a lâchés. Si aujourd’hui la série « Madame… Monsieur » a challengé toutes les séries d’Afrique francophone, c’est parce qu’on l’a réalisée sous les standards internationaux. Du coup, je produis à 95% à partir de mes fonds propres. Et les 5% qui restent ce sont des placements produits. Je me suis servi de mes économies issues des ventes de DVD pour acheter mon propre matériel de production.


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Comment s’effectue la distribution de vos productions dans ce secteur complexe ? 


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Nous sommes à la fois producteur et distributeur car, tous les grands distributeurs sont basés à Abidjan. Quand je finis de produire une série, je me rends au marché du film. On a les Discop à Abidjan, à Johannesburg, Dubaï, les Mip à Cannes et le Worldwide Audiovisual Contents en Indonésie. Il faut donc être capable de se rendre dans tous ces marchés quand on produit une œuvre. 


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