Quinzaine du film lycéen : jeunes, à vos caméras !

La première édition des Ateliers Mwinda, créés pour susciter l’engouement créatif des cinéastes en herbe, va se dérouler du 18 au 24 janvier 2021 à Yaoundé et à Douala.

Ils ont répondu à l’appel à projets, et les voilà aujourd’hui derrière la caméra, pour réaliser leurs propres films documentaires. 12 jeunes, en binôme, ont été sélectionnés pour la première édition des Ateliers Mwinda, organisés dans le cadre de la Quinzaine du film lycéen. L’aventure touche bientôt à sa fin, au terme de péripéties apportées par la pandémie, mais surtout un an après la clôture des invitations à candidatures en janvier 2020. Le Covid-19 n’aura pas altéré l’optimisme et l’entrain des équipes réunies autour de la réalisatrice camerounaise Osvalde Lewat, et de l’éditrice Véronique Cazeneuve, à la tête de cette initiative de promotion de la créativité des jeunes cinéastes locaux. L’histoire des Ateliers Mwinda, c’est celle d’hommes et de femmes prêts à donner de leur temps pour se tenir aux côtés de ces réalisateurs en herbe. Des cinéastes professionnels, des noms connus du 7e art, choisis pour appuyer ces jeunes, afin de tirer le meilleur d’eux, de leur imagination. Cyrille Masso, Françoise Ellong, Narcisse Wandji, Agnès Ndibi et Lionel Nnamè, ont endossé le rôle de mentors dans cette grosse production. 


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Ces derniers sont les encadreurs des 12 finalistes, auteurs des six films « Les régnantes », « Le filet de l’espoir », « La 36e épouse », « La go du benskin », « L’autre match du football féminin » et « Agro dreamer ». Des aspects aussi variés qu’engagés, embrassant le sport, la politique ou l’agriculture, sous le thème de « L’égalité homme-femme ». Le gagnant sera connu le 23 janvier prochain, au cours d’une cérémonie de clôture à l’Institut français du Cameroun à Yaoundé. Déjà, du 18 au 24 janvier, différentes articulations vont meubler cette première édition des Ateliers Mwinda, parrainés par Lilian Thuram, ancien international de football français, désormais connu sous une fière casquette d’écrivain. En terre camerounaise, il présentera son livre « Mes étoiles noires – De Lucy à Barack Obama », entre autres activités d’accompagnement de ces jeunes cinéastes. 


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La première édition des Ateliers Mwinda mis sur pied pour encourager la créativité et le sens de la narration des jeunes arrive à sa dernière phase. Près du terme de cet événement, avez-vous le sentiment d’avoir atteint cette créativité tant sollicitée ?


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Je n’avais aucun doute sur la fécondité de la créativité des jeunes Camerounais et Camerounaises. Il s’agissait pour nous, Véronique Cazeneuve et moi-même co-organisatrices des Ateliers Mwinda, de la débusquer, de concevoir un cadre où elle puisse s’exprimer, s’épanouir. Le lancement de l’appel à projets auprès des jeunes, la réponse d’abord, l’adhésion ensuite a tout de suite indiqué qu’il existait des attentes même si dans l’esprit des uns et des autres elles n’avaient pas clairement pris corps. Les ateliers de formation de jeunes venus de différentes régions du territoire national (Foumban, Ngaoundéré, Edéa, Yaoundé, Douala, etc.), l’écriture des films, les tournages et enfin le montage ont clairement révélé des talents. Bien sûr j’en étais certaine au départ, mais être confrontée à la fin de ce processus, qui s’est avéré plus long que prévu à cause de la pandémie de la Covid-19, à l’imagination pétillante de ces jeunes, à leur volonté d’élargir leurs champs des possibles a forcé notre admiration. 


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Justement, quel impact la pandémie de Covid-19 a-t-elle eu sur le déroulement et l’acheminement à terme des Ateliers Mwinda ?


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Les Ateliers devaient avoir lieu en avril 2020, mi-mars ce fut le confinement. C’était le désarroi parmi les jeunes, ils pensaient que le projet n’irait pas à son terme, que les semaines d’apprentissage sous la houlette du formateur et coordonnateur des productions de films M. Eloi Bela Ndzana, seraient vaines. La phase théorique a été brutalement interrompue, les tournages annulés. Bref, ce fut comme pour tout le monde dans l’espace privé et public, un moment difficile de questionnements, d’absence de visibilité sur les échéances à venir. Je suis quelqu’un de résolument optimiste, je préfère toujours garder la flamme de l’espoir allumée. La pandémie n’est pas terminée, mais dès qu’on a perçu la possibilité de relancer le projet, nous n’avons pas eu l’ombre d’une hésitation, au grand soulagement des jeunes. Ce qui nous a permis de mesurer l’enjeu artistique et humain qu’étaient devenus pour eux les Ateliers Mwinda. Les Ateliers Mwinda s’ouvrent officiellement lundi 18 janvier. On en est très heureux. 


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Le thème de ce concours est : « L’égalité homme-femme ». Pensez-vous que la contribution de ces jeunes qui abordent des thématiques variées, apporte une force supplémentaire dans le débat sur les inégalités entre les genres ?


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Ces jeunes, adolescents pour la majorité d’entre eux, posent un regard propre sur le monde et sur les questions de société. Leur regard, même s’ils vivent en famille, dans des contextes où les opinions des autres, de leurs proches contribuent à forger les leurs, n’est pas empesé de tous les biais que l’on retrouve chez les adultes. Ils se sont emparés du thème pour penser leurs films avec une aisance, une facilité presque déconcertante. Ce sont les acteurs qui vont construire le monde de demain, je crois qu’ils en étaient conscients. On les a aidés dans le cadre des Ateliers à affirmer leur pensée, à affiner leurs idées, ou à les questionner, les remettre en cause. Je suis persuadée que lorsque nous montrerons les films à la cérémonie de clôture le 23 janvier, le public découvrira des voix, des regards, d’une grande force sur un sujet où le consensus est souvent rare.  


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Est-ce pour rester dans cette continuité du débat autour de l’égalité entre les genres, entre les personnes, que vous avez choisi Lilian Thuram, avocat de ces questions, pour être le parrain des Ateliers Mwinda ?


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Après sa brillante carrière de footballeur, Lilian Thuram, qui très tôt avait été confronté aux questions d’inégalité, d’exclusion, de discrimination a choisi de porter les couleurs, non plus d’une équipe en particulier, mais de celle de l’humanité Une, celle qui nous rassemble tous en profondeur au-delà des différences superficielles sur lesquelles on se sépare, se déchire. Sa Fondation lutte pour l’égalité et contre les discriminations, elle porte un réel engagement d’éducation auprès du public notamment jeune. Lorsqu’il nous a fallu choisir un parrain ou une marraine, le choix pour nous s’est avéré évident. Lilian Thuram a accepté sans hésiter d’accompagner, de mettre en lumière notre projet, et ceci, pas simplement par amitié pour nous, mais parce que cette initiative en direction de la jeunesse a provoqué une résonnance en lui. Il aime transmettre, il a un attachement que je qualifierais de fort avec le continent africain et le Cameroun en particulier à travers certaines figures majeures du football. D’ailleurs lorsque nous plaisantons, on s’appelle compatriotes. Notre patrie commune c’est le continent certes, mais surtout les valeurs pour lesquelles nous sommes engagées à travers les Ateliers Mwinda.  


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Dans cette dernière étape, 12 jeunes ont travaillé sous la supervision de professionnels du cinéma, un mentorat qui manque cruellement aux jeunes créateurs. Comment avez-vous opéré le choix de ces hommes et femmes qui tiennent la main de la jeunesse ?


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Le cinéma camerounais regorge de cinéastes talentueux. Je n’ai pas eu à chercher longtemps. Évidemment, il y a des affinités électives, des personnes avec lesquelles j’ai eu à travailler dans le passé et dont la rigueur, la compétence ne se discutent plus. Mais certains nouveaux visages, ouverts sur le monde, avides de partager leur expérience, et que je ne connaissais pas, m’ont été conseillés. Cyrille Masso, Agnès Ndibi, Narcisse Wandji, Lionel Nname, Françoise Ellong, ont été d’une incroyable générosité. Généreux de leur temps, de leur savoir, de leur engagement. Le jury qui a répondu tout de suite positivement à notre sollicitation, Patricia Moune qui coordonne les Ateliers, Diane Nana administratrice à Douala, toute l’équipe (près d’une cinquantaine de personnes) ont contribué à l’heureuse synergie indispensable à la bonne réussite de l’événement. Nous avons l’incroyable chance de travailler avec des personnes exceptionnelles. Je les en remercie infiniment. 


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Etant vous-même réalisatrice de films documentaires, avec le recul, pensez-vous que ce type d’appui professionnel aurait pu apporter une tout autre facette à votre travail actuel ?


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