Dédicace : le cauchemar du fils…

Dans un ouvrage dédicacé vendredi à Douala, Francis Eret parle de ces ambitions paternelles qui embrigadent les enfants.

« Tu seras docteur, mon fils ! ». Parfois, c’est à la naissance d’un enfant que son père lance pareille oukase. Il peut aussi « choisir » avocat, magistrat ou ingénieur… autant de métiers qui font rêver des géniteurs en quête de prestige, et désireux de voir leur progéniture embrasser des carrières dont ils pourront, eux, s’enorgueillir. Il faut relever qu’au départ, l’enfant n’est pas systématiquement associé au projet paternel. Le père a ses rêves, le fils ou la fille doivent les réaliser. Même s’ils en ont formulé d’autres, dès qu’ils ont eu l’âge, la maturité, de se choisir une voie dans la vie. « Prisonnier des rêves de mon père », roman de Francis Eret, met le doigt sur ce problème.


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L’ouvrage, dédicacé vendredi dernier à l’hôtel Prince de Galles de Douala, déroule l’histoire de Raphaël, jeune homme passionné de physique, de maths, de chimie, qui vient de décrocher son bac scientifique, mais que son père voit en analyste financier. Un métier pour lequel l’enfant n’a ni le talent, ni la passion. Il embrasse néanmoins cette voie… puis un jour trouve malheur en chemin : faute professionnelle, arrestation, emprisonnement, divorce. Au fond du trou après avoir été happé par un engrenage infernal, il peut se demander si tout ceci lui serait arrivé dans son couloir de pur scientifique…


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« C’est un livre que chaque parent ou parent en devenir doit lire, que chaque adolescent doit posséder pour que chacun vive sa vie et laisse l’autre vivre la sienne », estime Innocent Fassé Mbouya, consultant en mobilité académique et préfacier de l’ouvrage. Mais au cours des échanges, des réserves seront émises quant au message central du livre. Un parent n’a-t-il pas le droit de choisir, ou à tout le moins d’orienter son enfant s’agissant d’une carrière, d’un chemin de vie ? Comment reprocher à cet homme d’affaires, éprouvé par un redressement fiscal, de vouloir qu’un de ses enfants entre à l’Enam (anecdote rapportée par l’auteur lui-même) ?


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Le livre propose un chemin, une voie de sortie de la « prison » qui, comme on le sait, immobilise à la fois le détenu et le geôlier. Au fil des 160 pages organisées en 10 chapitres, le lecteur suivra comment Raphaël essaie de relever la tête, et comment un coach de vie professionnel s’emploie à le remettre en selle. Disponible au Cameroun depuis fin décembre dernier, l’ouvrage coûte 4.500 F


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