Cour pénale internationale : deux chefs de milice centrafricains déférés

Le procès de d’Alfred Yekatom Rombhot et Patrice-Edouard Ngaïssona, deux leaders anti-balaka, s’est ouvert hier à La Haye.

La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert hier le procès d’Alfred Yekatomb alias « Rambo » et de Patrice-Edouard Ngaïssona. Les deux chefs anti-balaka, une milice impliquée dans la folie meurtrière qui a endeuillé la République centrafricaine après le renversement de François Bozizé en mars 2013, sont accusés de crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Mais, la liste des charges que le procureur va tenter de défendre au cours des trois premiers jours du présent procès intègre à la fois les meurtres, les transferts forcés de population, la privation de liberté, la torture, la persécution, le traitement cruel, la mutilation, l’attaque contre des bâtiments destinés à la religion, la destruction de propriétés de l’adversaire et l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans. Les deux accusés plaident « non-coupables ».
Selon la décision de confirmation des charges arrêtées contre les deux justiciables, M. Ngaïssona est présenté comme celui qui, avec l’aide des proches du président déchu, aurait préparé depuis l’étranger, la stratégie visant un retour de François Bozizé au pouvoir. Patrice-Edouard Ngaïssona, homme d’affaires prospère, président de la Fédération centrafricaine de football depuis 2008 et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, arrêté en janvier 2019 en France, aurait fourni des financements, préparé les attaques ciblées, procuré les armes et donné des ordres aux miliciens anti-balaka. Arrêté en octobre 2018 en flagrant délit dans l’enceinte du Parlement, après avoir tiré deux coups de feu, Alfred Yekatom Rombhot est pour sa part, présenté comme commandant en chef d’une troupe de 3 000 hommes, dont 200 ex-soldats et officiers des Forces armées centrafricaines (FACA). Il est reproché à cet ancien député d’avoir mené des représailles avec pour principale cible « la population civile musulmane sur base ethnique ou religieuse et perçue comme complice ou proche de la Seleka ».  
A la demande des autorités de Bangui, la procureure générale de la CPI a ouvert une enquête sur les crimes commis entre 2012 et 2014.  Fatou Bensouda avait alors assuré que des coupables seront poursuivis aussi bien dans le camp des anti-balaka que des ex-Seleka, les deux milices rivales. Le 24 janvier dernier, Mahamat Saïd, commandant dans la Seleka, a été transféré dans les geôles de la CPI. Pas moins de 150 témoins sont attendus à ce procès et le premier devrait faire sa déposition en mi-mars. Retransmis en direct à la télévision, ce tout premier procès sur la crise centrafricaine ouvert à La Haye a été suivi à Bangui dans les locaux de la Cour pénale spéciale (CPS), un tribunal hybride chargé de juger les crimes commis durant ce conflit, par une foule nombreuse.
 

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