Henri Dikongue : hymne à l’amour

Ce thème était au cœur du spectacle de 25 ans de carrière du chanteur au palais des Congrès à Yaoundé le 20 février dernier.

L’amour et la justice au centre des décibels le 20 février dernier au palais des Congrès à Yaoundé. A l’occasion de la célébration de ses 25 ans de carrière, Henri Dikongue s’est voulu rassembleur. En pareille circonstance, quoi de mieux que de reparcourir son riche répertoire pour raviver un quart de siècle d’affection entre l’artiste et son public. Des sensations fortes, l’auteur compositeur a su en produire et en susciter. Au moment de son apparition sur la scène musicale en 1995, il a tout d’abord incarné l’histoire de cet enfant en quête effrénée d’amour. Celui de ses géniteurs qui l’abandonnent à la naissance, sans nom et sans repère, le livrant aux railleries, au mépris et à l’indifférence d’une société hypocrite, ce, parce qu’il est « Né sous X ». Dans un autre titre, « Wen Te Mba Wenge », l’artiste est revenu sur l’histoire d’amour d’une jeune fille désespérée. Celle qui se donne corps et âme dans une relation dans laquelle son compagnon brille par un manque d’engagement effarant. Visiblement conquises par les sonorités de cette chanson, des voix féminines n’ont eu de cesse de s’élever au milieu des spectateurs. Mais cette fois, pour témoigner l’amour qu’elles ont pour l’artiste. « Nous t’aimons Henri !», hurlaient-elles, tout en se laissant aller dans un tout autre rythme que celui de la chanson originale, la salsa. Dans cette balade au cœur de l’amour, Henri Dikongue a fait un détour dans les titres « Wa » et « C’est la vie ». 


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La célébration d’un anniversaire est aussi une occasion de partage. Dans cet esprit, Henri Dikongue, célèbre guitariste, a fait une passe de note à son frère, ami et collègue Etienne Mbappé. Pendant un autre quart d’heure, le bassiste virtuose a replongé les mélomanes dans une joie incommensurable à travers des notes en octave et en contrebasse. Et comme si cela n’avait pas suffi, Etienne Mbappé a convié à la table de l’amour tous les fils et filles du Cameroun, à travers l’un de ses titres à succès, « Cameroun ô Mulema ». Chanson dans laquelle Etienne Mbappe appelle ses concitoyens à garder la fibre patriotique en tout temps. Parce que, insiste-t-il, « nous sommes un seul et même peuple ».   


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De retour sur scène pour le dernier quart d’heure du concert, le géniteur du titre « Diaspora » a donné de la voix à la justice. Pour mieux porter ce plaidoyer de quatre minutes et huit secondes, le fils de Douala a repris « Africa ». Un hymne dans lequel l’artiste peint une Afrique dont les enfants ne cessent de se lamenter à cause des multiples souffrances. Et parfois, sous le regard indifférent du monde. Pour cette Afrique, l’auteur-compositeur réclame plus de justice pour ses fils. Au moment où le public semblait encore assoiffé de belles mélodies, l’auteur de « N’oublie jamais » et « Biso Nawa », prenait congé de ses fans, sous une salve d’applaudissements. Comme quoi, les bonnes choses ne durent jamais.   


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