Publicité: Les hors-la-loi persistent

De nombreux opérateurs continuent de travailler en marge de la réglementation en vigueur.

Une affiche publicitaire en lien avec un produit décapant a suscité l’émoi en novembre dernier à Yaoundé. L’image des individus au teint ébène, à genou devant une femme au teint clair sur un trône, était alors placardée dans tous les grands carrefours de la ville. Ladite affiche a fait l’objet d’un exposé au cours du dernier Conseil national de la publicité. Suite au rappel à l’ordre du ministre de la Communication, l’entreprise s’est vue dans l’obligation de retirer cette image. La Commission en charge de l’éthique a en profité pour interpeler les opérateurs sur le respect de la norme et l’adaptation du droit de la législation sur l’utilisation des produits liés à la dépigmentation. Néanmoins, l’affichage des messages à caractère publicitaire sur les produits décapants semble avoir la peau dure.

 La publicité sur les établissements scolaires, les potions magiques contre des maladies « incurables » et autres laits éclaircissants continue d’être diffusée dans plusieurs chaînes de radios et par affiche dans l’espace public. Pourtant, la loi du 29 décembre 2006 sur la publicité, en son article 23 est claire : « Les messages publicitaires doivent être exempts de toute discrimination raciale, ethnique ou sexuelle, des scènes de violence et de toute incitation à des comportements préjudiciables à la santé, à la sécurité des biens et des personnes ou à la protection de l'environnement. ». Aspect qui ne semble pas effrayer les opérateurs. Ce 25 mars, journée mondiale contre la publicité est l’occasion pour le Conseil national de la publicité de contrer l’invasion de ces messages controversés. « Nous sommes en train de recenser toutes affiches et d’écouter divers spots publicitaires afin de s’assurer que les messages diffusés ne heurtent pas la sensibilité des uns et des autres », explique Solange Goufan à Egom, cadre à la Direction du développement des médias privés et de la publicité au ministère de la Communication.

Les messages des affiches et spots publicitaires prêtent de plus en plus à confusion. Les derniers rappels à l’ordre massif remontent en 2014 d’après les informations recueillies au Mincom. Hantés par le désir d’éblouir, les opérateurs se lancent dans le sensationnel. Pourtant, ceux-ci s’exposent à des amendes de près de 10 000 000 de Fet des emprisonnements d’un an à cinq ans d’après le Code pénal. Afin de limiter les différentes dérives, le Conseil national de la publicité est à pieds d’œuvre. De nouveaux textes d’application sur la publicité sont d’ailleurs en cours de finalisation.

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