Highway : amour et liberté en hauteur

Le film de l’Indien Imtiaz Ali, qui traite du Syndrome de Stockholm, invite surtout à une redécouverte de soi.

Veera Triparthy veut respirer. Empêtrée dans les préparatifs de son mariage à gros budget. Alors un soir, elle réussit à convaincre son fiancé d’aller vers les hauteurs de la ville, « just to breathe ». Mais les deux jeunes gens se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment puisqu’ils arrivent pile poil lors du braquage d’une station-service. Et Veera est enlevée par Mahabir et ses comparses pour obtenir une rançon. Le pitch de « Highway » pose les bases d’un film sur le kidnapping d’une jeune fille, mais c’est un étrange sentiment de liberté qui s’en échappe. Même si le thème du syndrome de Stockholm qui y est abordé peut être dérangeant. Dans la vraie vie, les kidnappeurs qui se prennent de compassion pour leur otage ne sont pas légion. Certaines scènes semblent invraisemblables comme ce moment où Veera tient insolemment tête à Mahabir qui, quelques heures avant se montrait violent avec elle. Dans la réalité, ça lui vaudrait presque une autre raclée. 


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Au final, le réalisateur Imtiaz Ali montre dans « Highway » le cheminement d’une fille de riche vers une jeune femme indépendante capable de se libérer du carcan social. Une soif de liberté dont elle n’avait pas conscience jusqu’alors. Et c’est le vrai tour de force de ce film, véritable coup de cœur malgré ses défauts. On n’est clairement pas dans un Bollywood classique avec plein de couleurs, de courses dans les champs, une fin mielleuse et une histoire d’amour convenue. Non l’histoire de Veera et Mahabir est bien plus subtile entre deux êtres cassés par la vie et qui se trouvent sans même s’en rendre compte. Imtiaz Ali arrive à nous faire croire à une rencontre improbable en évoquant en fond et de façon subtile grâce à des flashbacks, l’inceste et la prostitution forcée que subissent ces deux personnages dans leur enfance. L’autre point positif de « Highway » c’est l’amour qui transparait de la caméra du réalisateur pour les magnifiques paysages de son pays. Le voyage de Veera et Mahabir à travers cinq Etats de l’Inde du Nord offre l’occasion de découvrir des paysages majestueux, à l’instar des déserts de sel du Rajasthan ou des montagnes enneigées du Kashmir.


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Enfin, il y a le duo improbable formé par Alia Bhatt et Randeep Hooda. Les silences entre les deux valent mieux que tous les dialogues du monde. Les deux acteurs arrivent à s’immerger totalement dans la peau de leurs personnages. Le film aurait pu être un florilège de clichés mais Veera et Mahabir sont justement la raison pour laquelle ça ne tombe jamais dans la caricature du méchant devenu gentil grâce à une fille. Randeep Hooda sourit une seule fois tout au long du film mais ce sourire-là vous tient longtemps aux tripes, même après le générique de fin. Pour ceux qui seraient tentés par l’expérience dans les Highway, le film est disponible sur la plateforme Netflix.


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