Exposition : souvenirs de Mongo Beti

Le projet pédagogique de l’initiative artistique « La clairière d’Eza Boto » rend hommage à cette icône de la littérature camerounaise.


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Une question pour poser les fondations de la réflexion. « Qui es-tu Eza Boto ? », s’interroge l’exposition en cours à l’Institut français du Cameroun, antenne de Yaoundé. Dans le hall, des manuscrits, des photos, des extraits en lien avec « Ville cruelle » convient les visiteurs dans les profondeurs de ce classique de la littérature africaine publié par Mongo Beti en 1954 et étudié pendant plusieurs décennies sur les bancs de l’école. Les élèves du Lycée Fustel de Coulanges dans la posture d’artistes, expérimentent leur sens de l’observation. En plus de scruter à travers leurs regards juvéniles l’aura de cette œuvre atemporelle, ils offrent leurs avis sur ce roman vieux de bientôt 70 ans, mais à l’analyse toujours d’actualité, en rapport avec l’exploitation et la domination de l’homme par l’homme à son détriment. 


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La commissaire de cette exposition, Sarah Dauphiné Tchouatcha, par ailleurs responsable du pôle pédagogique du programme artistique « La Clairière d’Eza Boto » coiffant cette initiative, souligne la force et la pertinence de la plume au centre de ce travail. Au sujet de l’écrivain et militant engagé contre le colonialisme, elle rappelle : « Mongo Béti, second pseudonyme de l’auteur, demeure l’écrivain qui durant toute sa carrière, passe à l’action et se permet si nécessaire le pamphlet. Aussi dans un contexte où la parole est de plus en plus muselée, il nous semble évident qu’enseigner la pensée d’Alexandre Biyidi Awala (Ndlr : vrai nom de Mongo Beti) est une leçon de courage qui sensibilise sur la valeur de la liberté de penser, le droit de mûrir un point de vue et de l’exprimer. » 


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Cette excursion artistique se concentre sur les villes-repères de Mongo Beti : Yaoundé, Rouen et leurs périphéries. « L’objectif principal est d’interroger la construction de l’individu dans un contexte de changements et de fourmillements. En parcourant physiquement ou virtuellement les espaces liés à l’œuvre « Ville cruelle », l’apprenant disposera d’une expérience nouvelle questionnant les identités et ses expressions possibles », révèle le dossier de présentation du projet. Ce périple à but éducatif est un croisement entre les arts plastiques, la langue française et l’histoire. Le projet ne s’arrête pas uniquement à l’expo de l’IFC. Il se prolonge avec un film sur la vie et l’œuvre de l’auteur camerounais Mongo Béti (dont les 20 ans du décès seront commémorés cette année), réalisé avec la participation des élèves du Lycée Fustel de Coulanges de Yaoundé et du Lycée Corneille de Rouen en France, ville où il a enseigné la littérature à l’université. Ce 30 avril 2021 est le dernier jour de cette exposition à l’Institut français de Yaoundé, mais la suite du processus artistique engagé par « La Clairière d’Eza Boto », porté par Yves Chatap, curateur camerounais de renommée internationale, se poursuivra notamment avec ce film et une autre partie de l’expo à Rouen. 


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