Concours Jeunes Espoirs 2021 : Leuna Noumbiboo en Cène patrimoniale

La jeune plasticienne a raflé deux prix le 19 mai dernier lors de la finale de la compétition d’arts visuels organisée par l’espace Doual’art.

Premier prix Pascale Marthine Tayou et prix spécial Ginette Daleu. Ce sont les deux récompenses empochées par Leuna Noumbiboo à l’issue du concours Jeunes Espoirs 2021, qui a livré son verdict le 19 mai dernier à l’espace Doual’art à Douala. Une compétition triennale nationale d’arts visuels adossée au Salon urbain de Douala (Sud), prévu pour cette fin 2021 sur le thème « Patrimoine contemporain et identités collectives ». Un thème sur lequel ont travaillé les 87 candidats au départ du concours.
Au final, Leuna, un talent de plus en plus présent sur la scène des arts visuels, monte sur la plus haute marche du podium en explorant de nouveaux médiums, avec sa vidéo installation « La Piole ». « La Piole », c’est « La Cène » de Léonard de Vinci refondue dans le moule camerounais de l’intégration nationale. Sans doute le travail le plus représentatif du thème. En effet, dans son tableau filmé où on voit des gens attablés pour un repas, de la fumée qui s’échappe de plats chauds, on entend des conversations et on aperçoit les lumières citadines, la jeune plasticienne symbolise le patrimoine contemporain et les identités collectives de son pays par plusieurs éléments rassembleurs.
Parmi ces éléments, il y a la langue avec le « camfranglais » qu’on retrouve dans le titre de l’œuvre « La Piole », ou encore sur le polo d’un des personnages où on peut lire « ici c’est le Mboa ». Autre élément, la richesse de l’art culinaire avec plusieurs plats : taro-sauce jaune, eru-water fufu, beignets-haricot, poulet DG, ndolè-miondos ; des plats accompagnés de matango, vin blanc local. Les épices de ces mets sont alignées dans des bols sous l’écran. Troisième facteur de rassemblement, le vestimentaire avec des personnages arborant le toghu ou du ndop, tissus qui permettent d’identifier les Camerounais à l’international. Les monuments ne sont pas en reste, avec les lumières en background qui illuminent notamment la statue de la Nouvelle-Liberté à Douala et le monument de la Réunification à Yaoundé.
Tous ces éléments seront parfaitement résumés par la lauréate : « Etre Camerounaise, c’est pouvoir se construire autour de plusieurs identités. » Une construction qui passe aussi par la connaissance de l’histoire du pays, d’où le choix porté sur Louise La Fortune Sombga, troisième prix Pascale Marthine Tayou avec sa représentation du roi Njoya dans le tableau « Guide ». Le 2e prix quant à lui, Mbote Emmanuel Nasako, a peint l’œuvre hyperréaliste « Toghu I » comme pour rappeler l’importance de nos cultures. Autant de canaux qui ont fait dire à la directrice de Raw Material, Koyo Kouoh, qui a remis le premier prix : « Transmettez, échangez, partagez, c’est ça la raison de l’art. » Le partage, il est présent dans les œuvres des douze finalistes, exposées jusqu’au 12 juin prochain à l’espace Doual’art.

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