« Nous appelons à l’esprit citoyens des populations »

Emmanuel Mariel Djikdent, préfet du Mfoundi.

Les sous-préfets de Yaoundé, le maire de la ville, les maires des sept communes d’arrondissement et vous, aviez décidé au terme d’une session de travail le 4 mai dernier de lutter contre le désordre urbain à Yaoundé, notamment l’utilisation anarchique de la chaussée. Un mois après, le phénomène persiste…
Nous avons demandé aux maires de libérer les emprises de la voie publique. Si vous constatez que la chaussée est toujours encombrée, c’est parce que le désordre était déjà avancé. Néanmoins, les maires travaillent à ce propos. Comme on a coutume de le dire, Paris ne s’est pas construite en un jour. Et les maires en ont conscience. C’est l’occasion pour moi de déplorer l’incivisme de certains, car nous n’avons plus besoin de la chicotte pour faire respecter la loi. Nous sommes déçus par le comportement de certains marchands et habitants de la cité capitale.   
Certains commerçants affirment ne pas être en marge de la loi parce qu’ils paient des taxes quotidiennes. Ceci justifie-t-il cela ?
Il y a une confusion. La taxe dénommée OTVP c’est-à-dire, occupation temporaire de la voie publique ne concerne pas les activités définitives. Par exemple, lorsqu’une personne possède un titre foncier en bordure de la route, il dépose du matériel de construction pour deux semaines ou un mois. Il est soumis au payement d’occupation temporaire de la voie publique. Malheureusement, beaucoup s’égarent sur la nature de cette taxe. Quelqu’un va ériger une boutique en matériau provisoire ou définitif sur la chaussée sous prétexte qu’il va payer l’OTVP. Pourtant, il s’agit d’une occupation définitive. Un principe fiscale précise qu’on perçoit d’abord sur toute activité avant d’identifier leur nature. Mais les commerçants ne doivent pas penser que payer une taxe leur donnent le droit de violer la loi. 
A quoi s’exposent les contrevenants dans ce cas ?
Toute activité exercée en marge de la loi est répréhensible. Il y a des sanctions. Les plus courantes étant les saisies de marchandises. La difficulté des municipalités à infliger des amendes ici tient du fait que la plupart des occupants de la voie publique sont des ambulants. Ils n’ont pas de registres de commerce. Ils bougent à tout moment et donc, difficile à identifier. Les commerçants avancent vers la route et empiètent sur la circulation. On vend un peu de tout partout. C’est un sérieux problème qu’il faut combattre.
Comment comptez-vous mettre un terme à l’utilisation anarchique de la chaussée dans le Mfoundi ?
Les maires doivent davantage s’approprier la notion de décentralisation et assumer les responsabilités qui leurs ont été transférées. Nous autres ne sommes que des accompagnateurs. D’autre part, nous appelons à l’esprit citoyens des populations. Les maires font déjà des efforts. Nous voyons des agents municipaux sur le terrain tous les jours mais, Yaoundé est grand, ils ne peuvent pas être partout à la fois. Que chacun respecte la loi à son niveau. 
 

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