Théâtre : la résidence Ngoti revit

Le Laboratoire OTHNI à Yaoundé accueille la 5e édition de cet atelier d’écriture dramatique renommé, plus de 15 ans après la dernière édition.

La résidence d’écriture dramatique Ngoti est de retour, 17 ans après la dernière édition en 2003. Cette école du théâtre, véritable émulation à la fin des années 90 et au début des années 2000, était emmenée par Jean Mingele et Edwige Ntongon A Zock, membres du Théâtre national et fondateurs de la Compagnie Ngoti dans la décennie 80. Cet atelier prestigieux signe son come-back sous la houlette d’une passionnée, la comédienne et metteur en scène Hermine Yollo. La nouvelle administratrice de la Compagnie Ngoti, porteuse de cet événement invitant à l’échange entre dramaturges professionnels et amateurs issus du Cameroun et de la sous-région Afrique centrale, a bénéficié d’un financement de l’Institut français. Hermine Yollo est en effet lauréate du programme « Artistes IFC en création », qui octroie à chacun des bénéficiaires un accompagnement de 1000 euros (environ 650.000 F) durant six mois, soit un total de 6000 euros (près de 4 millions de F) dans la réalisation de leurs idées. Son idée à elle se trouve être la relance de cette résidence. 


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Depuis le 22 mai dernier, on est dans le vif du sujet. A l’espace OTHNI sis au lieu-dit Titi Garage à Yaoundé, formateurs et apprenants sont au laboratoire. Ils travaillent pour les mots, pour l’écriture, pour mettre en cadence toute cette inspiration qu’ils ont en eux. Ariane Mounga O'dy du Gabon, Djo Kazadi de la RDC, Gilféry Ngamboulou du Congo et Guazong Bouna du Cameroun. Ce sont les quatre participants sélectionnés pour cette cinquième édition. Ce programme sous-régional qui permet de s’immerger dans l’activité théâtrale, de l’écriture jusqu’à la production de la pièce et sa diffusion, est placé sous le thème : « Nuits chez Mongo Beti et Lab’ou Tansi ». Tout le nécessaire est mis à la disposition des auteurs résidents pour le bon déroulement des travaux. Pour joindre l’utile à l’agréable, des animations à l’instar des veillées de lecture et quelques jeux sont de mise. La bibliothèque Eno Belinga, du Laboratoire de théâtre OTHNI met à leur disposition toutes les armes pour affiner leur projet. 


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Gilféry du Congo travaille sur un texte intitulé « Sur la route de l’au-delà ». Comédien et metteur en scène, cet auteur dit avoir beaucoup appris durant les ateliers. Gilféry peut désormais « salir sa langue » (emprunter la langue qui n’est pas la sienne au départ). « Un auteur peut emprunter le langage de la rue, celui d’une prostituée par exemple. Il ne doit pas avoir peur des mots qu’ils soient gentils ou violents. L’écrivain doit déshabiller l’humour », explique-t-il. « Nous avons aussi appris que c’est dans le silence qu’il y a toute la tragédie. Qu’il faut aller au cœur de la cible », ajoute le participant. L’encadrement de ces auteurs est fait par des formateurs de renommée dans l’univers du théâtre comme le Camerounais Edouard Elvis Bvouma ou le Français Yves Borrini, metteurs en scène pétris d’expérience. La résidence court jusqu’au 30 juin prochain. Au terme de celle-ci, les pièces rédigées par les participants seront consignées dans une publication collective.   


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