Bankon-Barombi : l’unité au-delà du passé colonial

Un documentaire de Grâce Kama revient sur l’origine commune de ces deux communautés des régions du Littoral et du Sud-Ouest.

« Ce documentaire, les liens que nous avons tissés, montrent l’unité nationale, sa consolidation et ça nous pousse aussi à nous demander pourquoi nous nous entretuons alors que nous sommes un seul et même peuple. » Le seul et même peuple dont parle Chief George Sukpa Kuru, on le retrouve à la fois dans la région du Sud-Ouest, département du Ndian, sous le vocable de « Barombi », et dans la région du Littoral, département du Moungo, sous l’appellation « Bankon ». Et le documentaire qui a permis au chef de Bekora Barombi de s’exprimer ainsi, c’est le moyen métrage de 52 minutes intitulé « Nkon ni Nlombe Mut Mwa », projeté le 16 juin 2021 à l’Institut français du Cameroun (Ifc), antenne de Douala. Une présentation officielle au cours de laquelle Chief Sukpa Kuru a pris la parole en tant que représentant de Sa Majesté « Nkak » Joseph Dion Ngute, chef supérieur Barombi.


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Le documentaire, produit par Grâce Kama, qui est aussi la coréalisatrice aux côtés de Prudence Théophile Ngwe II, est bien résumé par Aboubakary Haman Tchiouto, secrétaire général des services du gouverneur du Littoral : « C’est la joie des retrouvailles entre les deux frères séparés il y a deux cents ans (…) partageant ainsi la même langue, le même rituel traditionnel, le même mode de vie. »


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Un pont entre deux communautés, au-delà des langues coloniales et de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Et tout au long de la projection, dans l’œuvre cinématographique et dans les différents discours, la même phrase revenait : « Francophones, anglophones, ça ne veut rien dire, on est un même peuple. » Un message d’origine commune présent chez les intervenants du moyen métrage, du Sud-Ouest comme du Littoral : l’autorité traditionnelle dans laquelle on retrouvait notamment Sa Majesté « Nkak » Joseph Dion Ngute et Sa Majesté Priso Ngom Priso Nu Loa Mbasè, chef supérieur Bankon nord, de regrettée mémoire ; les historiens ; les patriarches ; les linguistes, anthropologues, etc. Pour réunir toute cette masse d’informations, Grâce Kama a pris huit ans pour donner vie à cet héritage pour les générations futures.


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Pour Samuel Pasquier, directeur de l’IFC de Douala, représentant du consul général de France, « Nkon ni Nlombe Mut Mwa », dont le sous-titre en français est « Un peuple, une culture, un destin », porte des valeurs qui sont chères à l’Hexagone et au Cameroun : « La migration comme point de départ de la diversité, l’évolution linguistique, l’impact des cultures importées sur le vécu des hommes, l’effort d’unification et la promotion de la paix portée par les chefs traditionnels. » La suite au documentaire se déclinera en un livre, mais aussi en un festival unificateur des Bankon qui pourrait voir le jour l’année prochaine.


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