Arts visuels : suivez les « Mouvements »

Cette thématique, chapeau de la 7e édition de ces Rencontres de Yaoundé, a dirigé le vernissage de l’exposition d’ouverture le 30 juin dernier au CIPCA.

Confinement et mouvement. Cette antithèse est au centre de la 7e édition des Rencontres d’arts visuels de Yaoundé (RAVY). Du 30 juin au 3 juillet prochain, l’idée de « Mouvements » sera explorée par des artistes plasticiens camerounais, selon leur sensibilité et leur discipline respective. Peinture, sculpture, installation et performance sont les canaux choisis pour se mouvoir dans la pensée collective. Le 30 juin dernier, le vernissage de l’expo pluri artistique « Mouvements et contre-mouvements » a lancé les hostilités au Centre international pour le patrimoine culturel et artistique (CIPCA). 
Le retour dans le passé s’opère. Il y a quelques mois, se déplacer était impossible aussi bien pour les artistes que pour le reste du monde. Mouvements emprisonnés, mais pensées déconfinées, comme le révèle Alioum Moussa. Sa série de cinq tableaux « Dieu & Les masques » met en scène une main bleue, large et étendue sur le monde. Lavage de mains et visages masqués, les deux principaux aspects du « mood » Covid-19. « Les doigts de cette main représente les cinq continents, et le pouce, à l’écart, solitaire, c’est l’Afrique, ce continent auquel on avait prédit le pire durant cette pandémie, et qui finalement a su s’en tirer mieux que les quatre autres », se défend Alioum Moussa. 
La galerie du CIPCA regorge de couleurs, d’imagination et surtout de propositions. Leuna Noumbimboo dite Bimboo scelle le mariage entre humain et environnement. Ses personnages, formes noires non identifiées pour s’assimiler à tout être humain, sont parcourus de fleurs et de verdure. L’homme et la nature ont la même origine : c’est l’argument précieux de Bimboo. La jeune artiste exprime par là ce goût à la vie que tous veulent récupérer, après bientôt deux ans à se battre contre ce virus paralysant. « J’essaye de traduire ce mouvement de va-et-vient avec cette pandémie. Un jour elle régresse et le lendemain, on parle de nouveaux variants. J’utilise des couleurs chaudes pour attirer le regard et en même temps pour lancer un cri d’alarme », rappelle-t-elle. Si le désir de reconstruction traverse les tableaux de Bimboo, l’installation interactive de Yvon Ngassam dresse un rouleau de prières pour les êtres aimés disparus. Dans « Le souffle de nos prières parle aux âmes », l’artiste propose une thérapie pour s’interroger tout en trouvant la quiétude face à cette méditation profonde.
Les RAVY se poursuivent avec de nombreuses articulations menées par des artistes plasticiens et des performeurs à la réputation établie dans le domaine, entre autres Christian Etongo, Snake, Michel Dissake, Jean David Nkot, etc. Quartier Mozart, Blackitude, OTHNI et CIPCA sont les quatre sites sélectionnés pour les différentes étapes, notamment le débat « Etat de l’art post-Covid au Cameroun : 237 raisons de boxer la situation », qui embrasse le contexte de ces 7es RAVY.
 

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