Héritage : sur les pas de « Tonton Manu »

Un documentaire sur le légendaire saxophoniste a été projeté en juin dans le réseau de l’Institut français du Cameroun à l’occasion de la fête de la musique.


« Tonton Manu ». C’est le titre du documentaire hommage de 90 minutes réalisé par les Français Patrick Puzenat et Thierry Dechilly sur le légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango, emporté par le coronavirus le 24 mars 2020. Un documentaire sorti cette année, qui a fait l’objet de huit diffusions au total dans les Instituts français du Cameroun, antennes de Yaoundé et Douala et dans les Alliances françaises de Dschang et Garoua au mois de juin 2021, à l’occasion de la fête de la musique. 
Pour la dernière des trois diffusions de Douala le mercredi 30 juin 2021, le public venu en nombre (dans le strict respect des mesures de distanciation physique Covid), a pu côtoyer une nouvelle fois le Manu Dibango qu’il a vu ou connu vivant. Et le titre du long métrage est bien trouvé : « Tonton Manu », comme l’un des petits noms qu’on lui donnait, qui symbolisait le personnage dans son entièreté. Manu Dibango, ce n’était pas seulement un musicien de légende, « plus grand que son saxophone », dixit un artiste dans le documentaire. Manu Dibango, Oui, Manu Dibango était musicien, musicologue, journaliste, anthropologue, ambassadeur, guide, modèle, chantre de la diversité, voix écoutée et autorisée sur les destins de l’Afrique, mari aimant de celle qu’il a toujours gardée bien au chaud dans son cœur, Coco, décédée en 1996…et surtout, Manu Dibango était un être jovial, humble, et qui continuait d’apprendre. 
Ce sont toutes ces facettes que Patrick Puzenat et Thierry Dechilly explorent, après avoir suivi le père de « Soul Makossa » (1972) pendant 5 ans, de ses 80 ans à la célébration de son 85e anniversaire. La parole est laissée au saxophoniste, à ses interactions avec les autres au gré de ses rencontres, aux témoignages parfois exaltés (le pianiste cubain Omar Sosa en est l’exemple parfait) des personnalités de la musique, des médias, du monde politique et diplomatique, etc. qui l’ont connu. 
Et comme une œuvre prémonitoire, les équipes de réalisation reviennent sur les pas de l’artiste, en sa compagnie. Manu, en historien de sa propre existence, revisite de façon matérielle et immatérielle les lieux de sa vie et de son œuvre sur les trois continents Afrique, Amérique et Europe : l’Apollo Theater à New York où il a été le premier Africain à se produire en 1973 (il y sera programmé pour dix concerts avec « Soul Makossa »), l’Olympia, le Brésil, la Côte-d’Ivoire, les deux Congo, le lycée Jules Ferry à Saint-Calais où il a retrouvé ses camarades des années 50…et bien entendu le Cameroun, terre de ses ancêtres, mère patrie à laquelle il a toujours tout pardonné, là où se retrouve sa « racine fondamentale », comme le dit Manu lui-même.
 

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